L'affaire Bygmalion: L'ultime soubresaut de la présidence mouvementée de Copé

POLITIQUE L'affaire Bygmalion a eu raison de Jean-François Copé, après une multitude de rebondissements depuis sa prise de fonction en 2012...

Anissa Boumediene

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Le président de l'UMP Jean-François Copé, le 19 février 2014, à Avignon
Le président de l'UMP Jean-François Copé, le 19 février 2014, à Avignon — Anne-Christine Poujoulat AFP

Le 15 juin, il ne sera officiellement plus président de l'UMP. L'affaire Bygmalion a eu raison de Jean-François Copé, après une multitude de rebondissements depuis sa prise de fonction en 2012. Entre luttes de pouvoir et multiples scandales, retour sur une présidence semée d’embuches.

L’élection du président du parti

Le 18 novembre 2012, les adhérents sont appelés aux urnes pour choisir qui de Copé ou Fillon prendra la tête de l’UMP. Copé est élu au terme d’un scrutin serré. Sitôt annoncés, les résultats sont contestés par le clan Fillon. Le pic de la bataille est atteint quand les fillonnistes constituent leur propre groupe à l’Assemblée. Pour mettre fin au schisme, les deux camps s’accordent sur la tenue d’un nouveau vote fin 2013.

Le report du scrutin

L’UMP tient en juin 2013 un congrès extraordinaire pour tenter de contenir les divisions du parti. Il est convenu que Copé, assisté d’une direction collégiale, conservera la présidence de l’UMP jusqu’au nouveau scrutin, reporté à novembre 2015.

Le rejet des comptes de campagne

En juillet, le Conseil constitutionnel rejette les comptes de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle, estimant que des dépenses liées aux déplacements du président en exercice devaient en réalité être imputées au candidat en campagne. Plafonnés à hauteur de 22.509.000 euros pour un candidat atteignant le second tour, les comptes sont rejetés pour un dépassement de 400.000 euros, privant ainsi l’UMP de près de 11 millions d’euros de dotations publiques.

Le Sarkothon

A la suite du rejet des comptes, l’UMP doit se renflouer pour survivre. Copé lance une grande souscription auprès des adhérents et sympathisants du parti. Objectif atteint en deux mois, 11 millions d’euros sont récoltés.

Les copains de Copé

Le 27 février 2014, c’est le début de l’affaire Bygmalion. Le Point révèle que Copé aurait accordé des contrats trop juteux à la société dirigée par deux amis et ex-collaborateurs. Des marchés attribués sans appel d’offres, pour des meetings surfacturés. Copé a beau nier toute collusion, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire.

Merci la presse

Mi-mai, c’est au tour de Libération de relancer l’affaire. Le quotidien révèle que la société Event & Cie, filiale de Bygmalion, aurait facturé 55 événements à l’UMP, pour atteindre un montant de 20 millions d’euros. Problème: aucun des responsables du parti ne semble se souvenir à quoi correspondent ces événements, facturés entre 20% et 50% plus chers que les prix du marché. Jérôme Lavrilleux, alors directeur de cabinet de Copé, s’emporte: «Les partis peuvent administrer leurs finances comme bon leur semble. Si l’on veut payer 4 à 5 fois le prix, rien ne nous en empêche.» Invité sur RTL la semaine suivante, Copé déclare ne pas être «au fait dans [ses] fonctions de président de la gestion quotidienne de l’UMP dans sa dimension comptable» et fait part de ses «interrogations», concluant même son interview d’un peu crédible «merci la presse».

Le pot-aux roses

A peine digérés les résultats des européennes, l’UMP fait face aux révélations de l’avocat de la société Bygmalion. Le 26 mai, il admet l’existence d’un système de fausses factures par lequel des meetings de campagnes de Sarkozy auraient été indûment imputés à l’UMP. Le soir même, le soldat Lavrilleux, en larmes à la télévision, passe aux aveux.

La démission

Le lendemain, à l’occasion d’un bureau politique, Copé présente sa démission. Trois ex-Premiers ministres, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon, sont appelés pour assurer l’intérim de manière collégiale.