Affaire Bygmalion: Acculé, Copé démissionne de la présidence de l'UMP

POLITIQUE En pleine tourmente à cause de l’affaire Bygmalion, le président de l’UMP Jean-François Copé a été violemment poussé vers la sortie…

Anne-Laëtitia Béraud

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Le président de l'UMP Jean-François Copé, le 19 février 2014, à Avignon
Le président de l'UMP Jean-François Copé, le 19 février 2014, à Avignon — Anne-Christine Poujoulat AFP

La digue a lâché. Moins de 24 heures après les révélations de son directeur de cabinet, Jean-François Copé a présenté ce mardi sa démission de la présidence de l’UMP. Celle-ci sera effective le 15 juin, le temps de gérer les affaires courantes.

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Le député-maire de Meaux a été violemment poussé vers la sortie au cours d’une réunion du bureau politique du parti, au «climat très délétère» selon la députée Nathalie Kosciusko-Morizet. «Il faut que tu partes maintenant», lui a lancé Alain Juppé, François Fillon lui intimant: «Ta responsabilité, c’est d’éviter à ta famille politique l’épreuve d’une direction paralysée par les enquêtes.»

Ce renoncement est l’ultime épisode de l’affaire Bygmalion, du nom de cette société de communication soupçonnée de fausses factures afin d’alléger les dépenses de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Dans la nuit, François Hollande a brièvement réagi depuis Bruxelles: «Quand il y a une extrême droite qui peut tout se permettre, toute faiblesse devient une faute. Si tous les partis ne sont pas intraitables par rapport à ces questions là, c'est la démocratie qui peut s'en trouver affectée, infectée même.»

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Jean-François Copé nie farouchement avoir été courant de ces fausses factures. Mardi soir sur TF1, il s’est de nouveau défendu. «Mon intégrité est totale (…) Des collaborateurs ont abusé de ma confiance», a-t-il expliqué, soulignant que sa démission «a été évidemment prise de [m] on propre chef». «Je ferai de la politique autrement», a-t-il conclu, réfutant tout arrêt de sa carrière politique.

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La vie du parti se fera néanmoins bientôt sans lui. Le successeur de Jean-François Copé à la tête sera élu lors d’un congrès extraordinaire de l’UMP, le 12 octobre. En attendant cette échéance, les trois anciens Premiers ministres Alain Juppé, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin dirigeront collégialement l’UMP.

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L’affaire judiciaire, elle, débute seulement. Les juges ont perquisitionné les locaux de Bygmalion et ceux de l’UMP lundi. Et ils devraient bientôt se pencher sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Un ancien chef d’Etat «très mécontent de voir son nom associé à cette curieuse actualité», a d’ailleurs expliqué mardi sur RTL Brice Hortefeux, président de l’association des Amis de Nicolas Sarkozy.

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