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POLITIQUE A l’Assemblée nationale, les députés de gauche restent prudents sur la crise à l'UMP…

Anne-Laëtitia Béraud

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Le président du groupe PS Bruno Le Roux le 23 avril 2014 à l'Assemblée nationale à Paris
Le président du groupe PS Bruno Le Roux le 23 avril 2014 à l'Assemblée nationale à Paris — Pierre Andrieu AFP

On ne tire pas sur l’ambulance. C’est plus ou moins le mot d’ordre transmis aux députés de la majorité à propos de la crise en cours à l’UMP, qui s’est soldée ce mardi matin par la démission du président du parti Jean-François Copé. Le chef de file des députés PS Bruno Le Roux a fait passer la consigne. Pas d’indignations, de critiques et autres saillies en direction des membres de l’UMP ce mardi.

>> Tous les événements du jour sur la crise à l’UMP, à lire ici

Un mot plutôt suivi par les députés de gauche. Mardi matin, lors de son arrivée à l’Assemblée nationale, le député PS Pierre Moscovici, qui a été le directeur de la campagne de François Hollande en 2012, rappelle son exigence vis-à-vis des finances durant cette période électorale. Sur Jean-François Copé et les soupçons de fraudes de la campagne de Nicolas Sarkozy (qui aurait pu atteindre les 40 millions d’euros au lieu des 22 millions réglementaires), pas un mot.

Seule la députée PS Colette Capdevielle manie l’ironie en s’étonnant de l’absence des députés de droite à la commission des lois… alors qu’ils sont au même moment réunis en bureau politique à quelques dizaines de mètres de là..

Peu avant la séance des questions au gouvernement, alors que la salle des Quatre Colonnes est pleine de députés UMP prêts à enterrer Jean-François Copé- pour mieux circonscrire l’incendie au sein du parti (voir les vidéos ci-dessous)- les élus de gauche sont aux abonnés absents. Et en séance, on parle -vivement- de la réforme pénale et des élections européennes cuisantes pour le PS.

Au député communiste André Chassaigne qui évoque «la responsabilité» de François Hollande dans la défaite de son camp, le Premier ministre lui rappelle les scores encore plus faibles du Front de gauche. Avant de lui envoyer un cinglant: «Regardez la réalité en face, rejoignez ceux qui veulent redresser le pays».

Seul le député écologiste Noël Mamère enfonce le clou, qualifiant la crise à droite «d’affaire Copé-Sarkozy». A 20 Minutes, le député confie qu'«il y a de fortes chances que cet argent ait aussi servi à la campagne de Nicolas Sarkozy. Ce n’est plus une affaire Copé, mais une affaire Copé-Sarkozy.» Avant de calmer le jeu: «Personne dans notre pays n’a intérêt à ce que les partis politiques chargés de mener le débat soient aussi déconsidérés (…) Nous avons besoin d’une droite républicaine et démocratique dans ce pays».

>> L’interview du député écologiste Noël Mamère par ici


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