Affaire Bygmalion: Lavrilleux reconnaît que des meetings de campagne ont été indûment facturés à l’UMP

POLITIQUE L’ancien directeur adjoint de la campagne de Sarkozy a évoqué un «dérapage» du nombre d’événements pendant la campagne…

E.O. avec AFP

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Jérôme Lavrilleux, le 24 mars 2014.
Jérôme Lavrilleux, le 24 mars 2014. — WITT/SIPA

C’est un moment comme on en voit peu en politique. Un homme – fraîchement élu député européen - , les larmes aux yeux, reconnaissant des faits en direct à la télévision. Jérôme Lavrilleux, ex-directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, a reconnu ce lundi que des prestations fournies par la société Bygmalion ont été indûment facturées à l'UMP au lieu d'être imputées aux comptes de campagne du candidat.

«Il y a eu des factures présentées à l'UMP qui correspondaient à des dépenses faites pour la campagne» de l’ex-chef de l’Etat, a déclaré sur BFMTV le directeur de cabinet Jean-François Copé, confirmant des révélations faites un peu plus tôt par l'avocat de Bygmalion.


 

«Une façon de ventiler les dépenses»

Les dépenses de campagne «sont plafonnées», «au-delà d'une certaine somme, on ne peut plus les intégrer dans le compte de campagne», a-t-il expliqué. Or «il y a eu un dérapage sur le nombre - non pas sur la valeur - mais sur le nombre d'événements qui ont été organisés dans le cadre de cette campagne» nécessitant du coup de les facturer à l'UMP.

>> Tout comprendre à l'affaire Bygmalion par ici

Pour autant, il n’y a pas eu de «malversations», assure Lavrilleux pour qui «la facturation des dépenses à l’UMP était une façon de les ventiler» parce que ces dépenses ont «explosé».

«Dans la vie il faut assumer les choses et je prends ma part de responsabilité», a poursuivi Jérôme Lavrilleux. Il a reconnu une «erreur» : celle de ne pas avoir alerté à temps de l’importance des dépenses. Mais «ni Sarkozy ni Copé n'ont été mis au courant des dérives».