A Marseille, le FN fait carton plein avant les régionales

A Marseille, Mickaël Penverne

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Marine Le Pen lors de son discours à l'université d'été du FN le 15 septembre 2013 à Marseille. 
Marine Le Pen lors de son discours à l'université d'été du FN le 15 septembre 2013 à Marseille.  — BERTRAND LANGLOIS / AFP

Le Front national a franchi dimanche une nouvelle étape à Marseille. Après avoir décroché la mairie du 7e secteur aux municipales, la formation de Jean-Marie Le Pen remporte le scrutin avec plus de 30% des suffrages exprimés, contre 24% pour l’UMP et 12% pour le PS.

«Le FN a su se servir de l’Europe comme d’un bouc émissaire, explique l’UMP Renaud Muselier, seul Marseillais élu au Parlement de Strasbourg. Résultat, le PS disparaît complètement et nous, on n’en profite pas.»

À Marseille, le parti frontiste est arrivé en tête dans 11 arrondissements. Seuls les 1er, 5e, 6e, 7e et 8e lui échappent. Il s’impose dans les secteurs les plus pauvres de la ville comme les 2e et 3e arrondissements, mais aussi dans les quartiers Nord. Dans les 13e et 14e arrondissements, par exemple, il obtient 39% et 42% des voix.

«Ils se sentent trahi par le PS»

«Je suis convaincu que les Français d’origine nord-africaine votent pour nous, indique Laurent Comas, secrétaire départemental du FN. Ils se sentent trahis par le PS. Comme les autres, ils souhaitent travailler, vivre en sécurité et ne pas se retrouver dans l’antichambre de l’exclusion.»

Le Front national est aussi arrivé en tête dans les 9e et 10e arrondissements (29% et 37% des voix), deux bastions «résidentiels» de l’UMP. «Même ceux qui vivent dans des conditions favorables ont compris que l’Europe ruinait nos finances», se félicite Laurent Comas. Porté par ces «résultats historiques» à Marseille et dans le Sud-Est, le Front national lorgne désormais sur le prochain scrutin. «On est capable de prendre la présidence du conseil régional dans un an», conclut  le secrétaire départemental du FN.