VIDEOS. Bygmalion: Jean-François Copé cherche une défense

POLITIQUE Interrogé lundi matin sur ces documents, Jean-François Copé a assuré n’avoir «jamais vu les factures, les chèques, ce n’était pas dans ma fonction»...

A.-L.B.

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Jean-François Copé, le 24 avril 2014 lors d'une conférence de presse à Paris.
Jean-François Copé, le 24 avril 2014 lors d'une conférence de presse à Paris. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Partira, partira pas. L’avenir de Jean-François Copé, président de l’UMP, semble chaque jour s’obscurcir un peu plus. Au lendemain de la défaite de l’UMP face au FN aux européennes, les attaques visant le député-maire de Meaux se multiplient. La raison: de présumées surfacturations émises par la société Bygmalion, dirigée par des proches de Jean-François Copé, au détriment de l’UMP.

 

Interrogé lundi matin sur ces documents, Jean-François Copé a assuré lundi matin sur BFMTV n’avoir «jamais vu les factures, les chèques, ce n’était pas dans ma fonction». Une défense mise à mal par une lettre exhumée le jour même par L’Express, qui publie une facture signée par le président de l’UMP.


Affaire Bygmalion: Jean-François Copé change de... par BFMTV

Dépôt d’une plainte 

Alors qu’une enquête préliminaire sur cette affaire a été déclenchée, Jean-François Copé devrait s’expliquer mardi matin lors de la réunion du bureau politique du parti. Lors de cette réunion, qui promet d’être houleuse, le président de l’UMP doit réaliser une série d’annonces. Il devrait tout d’abord annoncer déposer plainte contre X dans cette affaire. Il recourrait ensuite à René Ricol, considéré comme un sage, pour réaliser un rapport sur la gouvernance du parti. Une information démentie par l'entourage de l’ancien médiateur du crédit.

Dernière mesure: Le président de l’UMP pourrait se séparer de son directeur de cabinet Jérôme Lavrilleux, considéré comme son porte-flingue. L’homme, qui était sorti de l’ombre à l’occasion de l’élection contestée de l’UMP, haï du camp Fillon, profiterait de son élection dimanche soir au Parlement européen pour s’éloigner de la direction du parti.

Copé «doit partir»

Ces annonces réussiront-elles à éteindre le feu des critiques à droite? Pas si sûr. Dimanche soir et lundi matin, les commentaires acerbes visant Jean-François Copé se sont multipliés. Le député UMP filloniste Bernard Debré estime que Jean-François Copé doit «partir, avec une partie de son équipe». Lionel Tardy, autre député filloniste, précise au Nouvel Obs que «Jean-François Copé souffre du syndrome Cahuzac», du nom de l’ancien ministre qui avait caché un compte en Suisse. Le député UMP Pierre Lellouche a quant à lui porté plainte lundi après-midi pour «usurpation d’identité» dans cette affaire. Il juge que la direction de parti «doit changer».

La charge de P. Lellouche contre la direction de l?UMP - Le 26/05/2014 à 14h00

Un changement rejeté par Jean-François Copé. Le président de l’UMP a expliqué sur BFMTV n’avoir pas l’intention de démissionner si des détournements ont été commis par Bygmalion.

Mais certains élus songent à ce qui leur paraît être une solution pour régler le problème de leadership de leur parti et le remettre sur pied: Nicolas Sarkozy. Pour le sénateur Roger Karoutchi, la situation peut ainsi conduire à un retour en politique«plus vite que prévu» de l'ancien président.

A voir. Car en fin d'après-midi, l'avocat de la société de communication de Bygmalion a assuré que des «fausses factures» avaient été établies pour dissimuler des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. L'affaire Bygmalion, c'est «l'affaire des comptes de campagne» de Sarkozy, a ajouté Patrick Maisonneuve, évoquant 10 millions d'euros de «factures litigieuses».