VIDEO. Dans son QG de Nanterre, le Front national exulte et se proclame «premier parti de France»

POLITIQUE Le FN a savouré son score ce dimanche soir...

Enora Ollivier

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Marine Le Pen, présidente du FN, à son QG des élections européennes, le 25 mai 2014.
Marine Le Pen, présidente du FN, à son QG des élections européennes, le 25 mai 2014. — PIERRE ANDRIEU / AFP

De notre envoyée spéciale au QG du FN

Il est 20 heures tapantes et déjà, la Marseillaise retentit. Au QG du Front national, à Nanterre, les évaluations donnant le parti de Marine Le Pen à 25% électrisent la (petite) salle où une foule de journalistes est massée. Présumant le score important du parti frontiste, la presse internationale -italienne, allemande, suédoise et même japonaise– s’est déplacée. Le parti aurait compté 160 accréditations.

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A 20h05 à peine, les murs bleus sur lesquels se détache le pupitre sont recouverts de nouvelles affiches proclamant le Front national «premier parti de France». C’est que la formation, portée par des sondages qu’elle ne se prive pas dans d’autres circonstances de fustiger, avait prévu la victoire. Marine Le Pen, d’ailleurs, ne boude pas son plaisir quand elle fait son arrivée, accaparée par une multitude d’objectifs. «Madame la présidente! Madame la présidente!» lancent même des photographes espérant attirer l’attention de la présidente du FN.

«Son discours, c’était de Gaulle»

A la tribune, la cheffe du parti se livre à une brève déclaration, saluant le «peuple français» qui a «repris en main son destin». Et réclame la dissolution de l’Assemblée nationale qui n’est «plus représentative». Dans la salle, les quelques militants triés sur le volet exultent. «Son discours, c’était De Gaulle», s’émeut une femme. «C’est elle, la première dame de France!» lance une autre, «et celle-ci est à la hauteur». «Je suis extatique», dit de son côté Mathilde Androuët, qui figurait sur la liste du parti en Ile-de France et pour qui le score réalisé par le Front national est «le signe que les Français ne se projettent pas dans l’Union européenne».

«Franchement, ça fait "plaiz’"», réagit aussi Jean, 20 ans. A ses côtés, son ami Xavier, 23 ans, critique «une Union européenne vue par beaucoup comme une religion. Si c’en est une, je dis comme Saint-Thomas -"Je ne crois que ce que je vois"- et je vois que ça ne marche pas». Les deux jeunes hommes prônent «une Europe libre, indépendante, souveraine».

Fête sur les Champs-Elysées

Leur discours policé se voit quelque peu contrarié par un de leurs camarades qui, sourire aux lèvres, vante le souvenir de l’intellectuel et dirigeant de l’Action française Charles Maurras. Plus tôt, c’est un autre jeune qui avait gêné ses compagnons en lançant à la cantonade que «la démocratie, on l’aime bien quand on est en tête». Les deux audacieux ont été éloignés des journalistes. Il ne faudrait pas casser l’ambiance.

Passé 22h, la salle commence à se vider. Les militants prévoient de poursuivre la fête près des Champs-Elysées. En rêvant, à mots à peine voilés, de descendre la plus célèbre avenue parisienne pour crier leur joie.