Elections européennes 2014: La classe politique évoque un séisme

POLITIQUE Ce dimanche soir, la classe politique n'avait pas de mots assez fort pour exprimer son effroi

A.Le G. avec AFP

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La ministre de l'Ecologie et de l'Energie Ségolène Royal, le 20 mai 2014 à Paris
La ministre de l'Ecologie et de l'Energie Ségolène Royal, le 20 mai 2014 à Paris — Eric Feferberg AFP

«Un choc à l’échelle du monde», a déclaré Ségolène Royal, ancienne candidate pour le parti socialiste à la présidentielle de 2007 et actuelle ministre de l’Ecologie, ce dimanche soir après que les premières estimations eurent donné le Front national en tête aux élections européennes en France.

Une déclaration à la mesure du choc exprimé ce dimanche soir par la classe politique française, suffoquée par le résultat qui devrait, selon les premières estimations, permettre au Front national d’envoyer 23 à 25 représentants à Bruxelles. Le fait que «le FN (est) en tête est une information suffocante», a ainsi réagi dimanche soir le co-président du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon.

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«L'UMP a besoin de réconstruction»

«Un signal pour les républicains», a déclaré Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement. «Le rêve européen est menacé», a aussi affirmé de son côté Emmanuelle Cosse, secrétaire national d’Europe Ecologie les Verts (EELV), dont le parti ne franchirait pas la barre des 10 % selon les premières estimations.

Pour François Bayrou, le président du MoDem, ce résultat est révélateur de la  «décomposition de la vie politique française».

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Laurent Wauquiez, vice-président de l’UMP, a estimé quant à lui dès ce dimanche soir que «l’UMP va avoir besoin d’une profonde reconstruction», sommant son parti à ne pas rajouter «la division à l’échec». Le parti est en effet en pleine tourmente après les soupçons de favoritisme de la part du Président de l’UMP Jean-François Copé à l’un de ses proches, détenteur de la société Bygmalion.

«Nous devons enfin comprendre que la transparence et l’exemplarité sont juste les conditions indispensables de la crédibilité du politique», a-t-il précisé.

Le «premier parti de France»

Le vice-président du FN Florian Philippot s'est félicité ce dimanche d'un «score historique» de son parti qui, pour la «pour la première fois», est le «premier parti de France».

«Les Français ont dit maintenant que cette Europe-là, c'est terminé». «Ils ont montré là une adhésion à des idées extrêmement claires, à la souveraineté nationale, à des frontières économiques, migratoires, au protectionnisme intelligent, au débat sur l'euro», a énuméré Florian Philippot.

Le Front national, avec 24 à 25%, remporte les élections européennes, distançant nettement l'UMP (20 à 21%), selon les estimations concordantes de cinq instituts de sondages.