Élections européennes: Le FN arrive largement en tête, nouvelle grosse claque pour le PS

POLITIQUE Avant 20h, Marine Le Pen revendiquait déjà la victoire pour son parti…

Maud Pierron

— 

La présidente du FN Marine Le Pen vote à Hénin-Beaumont, le 25 mai 2014, à l'occasion des élections européennes.
La présidente du FN Marine Le Pen vote à Hénin-Beaumont, le 25 mai 2014, à l'occasion des élections européennes. — Jacques Brinon/AP/SIPA

Marine Le Pen a gagné son pari: pour la première fois dans son histoire, le FN est arrivé en tête d’un scrutin national. Le parti frontiste a en effet recueilli 25% des intentions de votes aux élections européennes, selon des premières estimations de CSA. L’UMP, comme il le redoutait, est en deuxième position, avec 20,6% des intentions de vote. Grosse claque encore pour le PS, qui paie une nouvelle fois la désaffection de l’électorat de gauche: avec 14,1%, le parti de gouvernement se paie le luxe de faire pire que le catastrophique score de la liste emmenée par Michel Rocard en 1994  (14,48%).

Le PS comme en 1994... La participation pas si mauvaise

En revanche, la liste UDI-MoDem a fait un score correct, à 9,8% et Europe Ecologie-Les Verts, qui visait les 10%, n'a pas réussi son pari avec 9%. Le Front de gauche réédite son score de 2009 avec 6,4% des voix.

Visiblement, la participation légèrement plus forte que prévue a avantagé le FN. En effet, 42% des Français se sont rendus aux urnes quand certains instituts parlaient de 60% d'abstention.

Pour le PS, c'est une nouvelle déroute, mais celle-ci était attendue. Pour l'UMP aussi, c'est une désillusion: en effet, il n'apparait plus ce dimanche soir comme le principal parti d'opposition et les divisions internes, mises en sourdine ces dernières semaines à la faveur de la victoire aux municipales vont devenir de plus en plus fortes avec le nouveau scandale Bygmalion. Le bureau national de mardi s'annonce d'ores et déjà sanglant et Jean-François Copé pourrait payer le prix du résultat de ce dimanche.

Copé fragilisé

Sans surprise, tous les commentaires politiques dimanche soir ont tourné autour de la victoire très nette du FN, comme «premier parti de France, ainsi que l'a claironné Florian Philippot dès que les résultats ont été donnés. Pour Olivier Faure, porte-parole du PS, ce résultat est «extrêmement préopccupant». «Même si ces résultats peuvent être relativisés par une abstention massive, ils expriment un désarroi civique», a-t-il ajouté, relevant que «toute la gauche est en baisse».

Pour Jean-François Copé, il s'agit de «l'expression d'une gigantesque colère», a estimé le président de l'UMP Jean-François Copé et l'expression d'une colère «contre la politique conduite dans notre pays par le président (François) Hollande». Mais le patron de l'UMP est d'ores et déjà ciblé par certains de ses camarades: Laurent Wauquiez a déjà estimé que l'UMP nécessite «une profonde reconstruction». «Nous devons enfin comprendre que la transparence et l'exemplarité sont juste les conditions indispensables de la crédibilite du politique», a-t-il affirmé à l'AFP. Et le sénateur UMP Roger Karoutchi a déjà laissé échapper sur BFM TV qu'au vu des résultats, Nicolas Sarkozy devrait peut-être revenir plus vite que prévu...