Européennes: Nicolas Sarkozy plaide pour une refonte de Schengen

POLITIQUE Une longue tribune publiée dans «Le Point» et le quotidien allemand «Die Welt», dans laquelle il défend sa vision européenne...

P.B. avec AFP
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Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy — VALERY HACHE / AFP

Sarkozy sort une nouvelle fois du silence à quelques jours des élections européennes. Dans une tribune de 16.000 signes étalés sur six pages: l'Europe inspire visiblement Nicolas Sarkozy. Deux mois après sa lettre aux Français, publiée dans les colonnes du Figaro, l'ex-chef de l'Etat, qui avait fait vœu de silence après son échec aux dernières présidentielles, s'exprime à nouveau. Jeudi, il signe une longue tribune publiée dans Le Point et le quotidien allemand Die Welt, dans laquelle il défend sa vision européenne, à trois jours du scrutin.

Dans cette tribune résolument pro-européenne, écrite alors que l'UMP pourrait être dépassée, dimanche, par le Front national et que sa fin de campagne est parasitée par des soupçons de favoritisme, l'ancien président analyse la situation actuelle de l'UE, source d'«exaspération» et de «colères» chez les Français qu'il dit comprendre.

L'Europe nous protège des dérives idéologiques

«D'aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours senti viscéralement français», commence Nicolas Sarkozy, selon des extraits publiés mercredi soir sur le site de l'hebdomadaire. «Mais je sais maintenant que l'on n'est pas seulement d'un pays, que l'on appartient tout autant à un continent», poursuit-il. Selon lui, «l'Europe nous protège des dérives idéologiques de nos gouvernants et des majorités qui les soutiennent».

Côté économique, Nicolas Sarkozy «plaide clairement pour la création d'une grande zone économique franco-allemande cohérente et stable au coeur de la zone euro qui nous permettra d'abord de mieux défendre nos intérêts face à la concurrence allemande en gommant nos handicaps fiscaux et sociaux et (...) de prendre le leadership des 18 pays qui composent notre union monétaire».

Une «absence de leadership» dénoncée

Dans une pique à son successeur François Hollande, dont il ne cite pas le nom non plus, il dénonce «l'absence de leadership» actuelle qui «met l'Europe en danger, car sans vision, sans cap et sans priorité».

Cette grande zone «nous permettra d'abord de mieux défendre nos intérêts face à la concurrence allemande, en gommant nos handicaps fiscaux et sociaux» et «nous permettra ensuite de prendre le leadership des 18 pays qui composent notre union monétaire. Inspirons-nous de ce qui marche en Allemagne et des réussites de la France. Imposons un équilibre dans nos rapports. Défendons nos lignes rouges», affirme l'ancien président.

«Une même politique d'immigration»

L'ancien chef de l'Etat plaide pour une réforme européenne des frontières. «Il faut suspendre immédiatement Schengen I et le remplacer par un Schengen II auquel les pays membres ne pourraient adhérer qu'après avoir préalablement adopté une même politique d'immigration», écrit-il. Il critique encore «l'absence de leadership» qui «met l'Europe en danger». «Ne laissons pas détruire, ni aujourd'hui ni demain, ce trésor!», conclut-il.

Nicolas Sarkozy avait écrit une tribune dans Le Figaro le 20 mars dernier, dans laquelle il revenait sur l'affaire des écoutes. «Contrairement à ce qui s’écrit quotidiennement, je n’éprouve nul désir de m’impliquer aujourd’hui dans la vie politique de notre pays», jurait-il. Visiblement, la politique européenne fait exception.