Européennes 2014: Manuel Valls s'offre une mini-tournée à hauts risques

POLITIQUE Le Premier ministre va multiplier les meetings et les prises de paroles pour une cause d'ores et déjà perdue pour le PS...

Maud Pierron
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Le Premier ministre Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 29 avril 2014 à Paris
Le Premier ministre Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 29 avril 2014 à Paris — Eric Feferberg AFP

Sur le plateau du JT de TF1 dimanche, en meeting jeudi soir à Lille avec Martine Aubry, puis à Evry, Barcelone et Lyon… En dix jours, Manuel Valls s’offre une mini-tournée pour les élections européennes lors desquelles le PS est annoncé 3e derrière le FN et l’UMP. «On anticipe une forte abstention et une poussée de l’extrême droite. Face à ce constat il y a deux solutions, soit on fait l’autruche, soit on s’engage: on a choisi d’y aller», martèle-t-on à Matignon.

Répartition des rôles avec Hollande

A la différence des élections municipales, l’exécutif a choisi de s’impliquer, avec une répartition des rôles bien définie: à François Hollande, le chef de l’Etat, de définir le cap dans une tribune au Monde, à Manuel Valls, le Premier ministre, de l’assumer et le défendre auprès des Français. L’Elysée a donc clairement demandé à Manuel Valls de faire ce qu’il sait faire: mouiller le maillot.

Avec un message prioritaire: face aux défis mondiaux, la France doit être plus grande, et cela passe par une influence plus forte au sein de l’Union européenne, et ce scrutin va décider du prochain patron de la Commission européenne. «On va faire de la pédagogie et puis, qui d’autre que nous peut mobiliser la gauche qui croit en l’Europe mais doute», interroge-t-on.

Et ça marche d’après Pervenche Bervès, tête de liste en Ile-de-France du PS: «J’ai fait un débat avec Alain Lamassoure (UMP) et il a admis que c’est depuis que Manuel Valls a dit sur TF1 que ces élections décideraient du futur président de la Commission européenne que c’est devenu un enjeu dans la campagne». L’eurodéputée apprécie: «De par sa fonction et sa personnalité, il a une parole forte qui dessine les enjeux» mais c’est «normal» qu’il s’implique, ajoute-t-elle, car «l’identité du futur président de la Commission aura un impact très fort sur ce qu’il pourra faire en France».

Imprimer sa marque de fabrique: le volontarisme

Gilles Pargneaux, qui partagera l’estrade avec le Premier ministre jeudi soir en tant que tête de liste PS dans le Nord, juge que «son discours direct est un atout» pour «démontrer que l’extrême droite nous trompe» et «dire que nous voulons une Europe progressiste, plus sociale». Et ce proche de Martine Aubry d’ajouter: «sa popularité peut avoir un effet d’entraînement sur l’abstention, même s’il faut être lucide, réduire la défiance des Français sur l’Europe est un travail de longue haleine».

Mais c’est surtout une tournée à haut risque qui pourrait lui faire perdre quelques plumes que s’inflige Manuel Valls tant le résultat du PS s’annonce comme un nouveau désaveu deux mois après la claque des municipales. «Le risque est fort mais face à la tempête, il ne s’agit pas d’être timide, il faut l’affronter», assure-t-on à Matignon, toujours sur le mode volontariste qui fait l’image de marque de Manuel Valls.

D’autant que, persiflent les mauvaises langues, le Premier ministre pourra toujours dire qu’il n’a pas hésité à «mouiller le maillot» dans des conditions difficiles mais qu’arrivé depuis si peu de temps, il ne peut être tenu comptable du résultat. Et l’on rappelle que sa tournée anti-FN pour les municipales n’avait «pas vraiment» porté ses fruits.

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