Le Parlement européen, un atout de poids pour l'Alsace

ECONOMIE Un déménagement du Parlement de Strasbourg à Bruxelles serait une grosse perte pour la France...

A Strasbourg, Alexia Ighirri
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Devant le Parlement européen à Strasbourg.
Devant le Parlement européen à Strasbourg. — SAUTIER PHILIPPE/SIPA

Strasbourg, sa cathédrale, ses maisons à colombages et… son Parlement européen. En accueillant sur son territoire le siège de cet organe parlementaire en 1952, la capitale alsacienne a pris des allures de capitale européenne. D'autant plus qu'elle accueille également le Conseil de l’Europe, l'Eurocorps, la chaîne de télévision Arte, la Fondation européenne de la science, des consulats et des représentations permanentes auprès du Conseil de l’Europe. Et tout ceci pèse symboliquement et économiquement.

Selon l’étude du cabinet EDR, effectuée en janvier 2010 dans la perspective du contrat triennal 2012-2014, ces institutions créent 637 millions d’euros de valeur ajoutée (soit 3,7% de la valeur ajoutée du territoire de la Communauté urbaine de Strasbourg et de Kehl). Leur présence a aussi pour conséquence l’existence de 11.230 emplois au total, soit 4,3% de l’emploi du territoire, dont 5.200 emplois directs.

Si seules 223 personnes travaillent en permanence au Parlement européen, celui-ci accueille 5 000 à 8 000 personnes (parlementaires et attachés, fonctionnaires, lobbyistes, journalistes accrédités, etc.) lors des sessions.

Un parc hôtelier supérieur à toutes les villes de province

Et cela a forcément des conséquences sur le marché des chauffeurs de taxi ou encore pour l’hôtellerie, bien que freinées par la réduction de la semaine de session plénière de 5 à 4 puis 3 jours et demi. Le parc strasbourgeois est d’ailleurs passé de 3.000 chambres en 2010 à 10.000 aujourd’hui, selon le rapport «Le siège dans tous ses états, deux ans après» réalisé par l’Association européenne des jeunes entrepreneurs (AEJE). «C’est la deuxième ville de France qui a le plus de chambres, derrière Paris», souligne Pierre Loeb, le président de l’AEJE.

Selon lui, la valeur du Parlement, ou plutôt des institutions européennes strasbourgeoises, est davantage symbolique: «Là où c’est intéressant, c’est sur l’attractivité et le rayonnement de la ville. Pour l’attribution des congrès, au lieu d’être en concurrence avec des villes de province comme Metz par exemple, elle l’est avec des capitales d’Etat.» Certains congrès se tiennent à Strasbourg du simple fait que la ville soit siège du Parlement. Et ces effets indirects sont plus difficiles à chiffrer.

Pas d'économies en fixant le Parlement à Bruxelles

Bien sûr, le Parlement européen coûte aussi de l’argent. L’AEJE, qui a vu ses chiffres confirmés par les documents budgétaires et le secrétariat général du Parlement, a indiqué que le coût du siège (entretien des immeubles et fonctionnement des sessions) se limite à 52 millions d’euros par an en moyenne… soit dix centimes d’euros par an et par citoyen et 0,04% du budget de l’Union européenne à qui appartient le bâtiment.

Déménager le siège du Parlement à Bruxelles (comme certains députés européens anti-Strasbourg le demandent) n’effacerait pas les dépenses: «Il ne faut pas croire que ce serait une économie pour le contribuable européen», souligne Pierre Loeb pour qui «la perte première serait pour la France».

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  • Poids écologique

Selon le rapport de l’AEJE, l’empreinte carbone du Parlement à Strasbourg s’élève à 3 250 tonnes de CO2. «C’est extrêmement peu, juge le président de l’association. Ça équivaut à quatre étapes du tour de France.»