François Hollande prône une «formule exceptionnelle» pour rapprocher l’Arménie de l’UE

POLITIQUE Le Président ne veut pas pour autant «forcer l’Arménie à rompre ses relations commerciales avec la Russie»…

20 Minutes avec AFP

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François Hollande à Erevan, en Arménie, le 12 mai 2014.
François Hollande à Erevan, en Arménie, le 12 mai 2014. — LCHAM/SIPA

François Hollande a prôné ce mardi à Erevan, la capitale arménienne, une «formule exceptionnelle» pour permettre à l'Arménie de se rapprocher de l'Union européenne sans rompre ses liens avec l'Union douanière pilotée par Moscou.

«Je vais soutenir la démarche de l'Arménie d'avoir sa situation exceptionnelle reconnue comme telle dans une formule qui doit être exceptionnelle», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue arménien Serge Sarkissian.

«Situation particulière»

Cette formule, a-t-il expliqué, doit permettre «à l'Arménie de rester elle-même et d'être toujours dans un processus lui permettant de se rapprocher de l'Union européenne sans rompre d'autre liens».

«Je souhaite que l'Arménie soit pleinement associée à l'Union européenne parce que ce sont ses aspirations, ses valeurs, son intérêt et en même temps je ne vais pas forcer l'Arménie à rompre ses relations commerciales avec la Russie dans le cadre de l'Union douanière», a-t-il insisté.

«Chacun peut imaginer que (la situation de l'Arménie) est particulière dans le contexte que l'Arménie connaît, géographique et politique, qui la conduit à préserver ses liens avec la Russie», a-t-il fait valoir, affirmant ne pas avoir à «juger» mais à «comprendre».

Une «amitié séculaire» entre Russie et Arménie

Interrogé sur l'approbation exprimée par le président Sarkissian au rapprochement de la Crimée à la Russie, François Hollande a simplement rappelé que la France était «attachée à un principe de droit international qui est (le) respect de l'intégrité territoriale». «La base des relations entre la Russie et l'Arménie, c'est une amitié séculaire», a fait valoir pour sa part le président arménien.

«Nous sommes liés par la culture, par les liens économiques et je crois que personne n'a vraiment été surpris par le souhait de l'Arménie de rejoindre l'Union douanière» pilotée par Moscou, a-t-il poursuivi, invoquant le «traité d'amitié» qui lie Erevan à Moscou mais aussi leur appartenance à un «même système sécuritaire».