Les principales réactions après l’interview de François Hollande

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-François Copé, le 24 avril 2014 lors d'une conférence de presse à Paris.
Jean-François Copé, le 24 avril 2014 lors d'une conférence de presse à Paris. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Deux ans après sa victoire à la présidentielle, François Hollande s’est soumis ce mardi matin à l’exercice de l’interview radio-télévisée matinale. Le but: reprendre la main auprès des Français, alors que le chômage est au plus haut, contrairement à sa cote de popularité. Le Président a-t-il convaincu les responsables politiques et syndicaux? Vous a-t-il convaincu? Les réactions sont très nombreuses. Sélection non exhaustive par 20 Minutes.

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Dans la majorité. Selon Thierry Mandon, porte-parole du PS qui s'est exprimé sur BFMTV, l’intervention du Président a «mis en place quelques ajustements salutaires à la politique du début du quinquennat. (...) Il y a un ajustement sur le rythme et l’ampleur des réformes. De ce point de vue-là, on peut dire qu’on a tardé. L’accélération du rythme de la réforme des collectivités territoriales, donc des économies de dépenses publiques, est une très bonne nouvelle. La relance de l’apprentissage qui baisse depuis deux ans est également une très bonne nouvelle». 

Chez les écologistes d’EELV. Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les verts (EELV) s'est déclarée «perplexe» après l'interview de François Hollande. A l’AFP, l’écologiste juge que «le problème c'est que cette pédagogie se fait sur les vieilles recettes comme la sempiternelle annonce sur la baisse du coût du travail. (...) Il n'y a rien eu sur l'écologie, rien sur la transition énergétique alors que cela est porteur de solutions en termes de création et maintien de l'emploi de meilleure qualité de vie et de réduction des dépenses de santé».

Au PCF. Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, souhaite un référendum sur la réforme institutionnelle. «Le président de la République annonce un "big bang" institutionnel, il veut changer totalement l’architecture de la République sans consulter les Français. Je demande en 2015 un référendum sur la réforme institutionnelle. On ne peut pas changer les institutions démocratiques de la France sans consulter les Français, sans démocratie», a-t-il déclaré à BFMTV. Il juge par ailleurs que François Hollande «s’est livré à un laborieux exercice de service après-vente de sa politique» ce mardi.

Pour le secrétaire national du Parti de Gauche Eric Coquerel, François Hollande a «répondu en Président de droite» ce mardi. Sur son blog, le candidat aux européennes estime que «cela ne prend plus: pour son 2e anniversaire à l’Elysée, François Hollande demande à être "jugé" à la fin de son quinquennat, il sera sanctionné dès ces élections européennes.»

A l’UDI. L'ancien ministre et président du Nouveau Centre Hervé Morin estime sur Twitter que le report envisagé des élections régionales a pour but d'«éviter la débâcle». 

A l’UMP, Jean-François Copé, président du parti, demande un référendum après que François Hollande a envisagé un report des élections régionales et cantonales à 2016. «Je suis abasourdi de voir que le président de la République ait pu consacrer une interview sur les deux premières années de son quinquennat à parler de tripatouillage électoral et de report d'élections cantonales et régionales à 2016», a affirmé Jean-François Copé. Selon lui, «cela sous-entendrait donc que ces élections, il aurait peur de les perdre en 2015 et qu'il préfère les décaler à 2016. Voilà ce que l'on entend du chef de l'Etat aujourd'hui. C'est d'autant plus désolant, choquant, qu'il s'agit en réalité d'une grande réflexion institutionnelle que l'on doit avoir».

Brice Hortefeux, vice-président de l'UMP, estime sur BFMTV que cette interview est «un témoignage d'impuissance». Pour l'ancien ministre et proche de Nicolas Sarkozy, «ce que l’on retient surtout, c’est un témoignage d’impuissance et une amorce de mea culpa parce qu’après le déni du début du quinquennat, il accepte enfin de reconnaître que oui il y a une crise grave».

Marine Le Pen, présidente du Front national, déplore «les mêmes incantations ridicules sur la croissance et le chômage; François Hollande voyant même le signe d'un "retournement économique" dans le fait d'avoir les prévisions de croissance les plus faibles du continent», a-t-elle déploré. «Aucune nouvelle annonce, en aucun domaine, n'a été faite, hormis le très probable recul des élections régionales en 2016. François Hollande entend ainsi priver nos concitoyens de leur parole et imposer par la force une réforme territoriale majeure sans consulter les Français», a-t-elle dit.

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan juge que François Hollande «condamne notre pays à stagner (…) en se soumettant à l'Union européenne de Bruxelles». Le député de l'Essonne et président de Debout la République estime dans un communiqué que le chef de l’Etat «n’a retenu aucune leçon de ses échecs successifs». L’élu estime que François Hollande «condamne notre pays à stagner (…). Il n'a toujours pas compris qu'en se soumettant à l'Union européenne de Bruxelles et au diktat d'Angela Merkel, il bloque la croissance». 

Pour le secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly, «il n’y a pas eu d’annonce nouvelle. (...) Tout ce qui a été dit ce matin nous le savions déjà. C’est la confirmation de la logique d’austérité même s’il n’emploie pas le terme (…) C’est la confirmation de la ligne choisie il y a maintenant pas mal de temps, depuis notamment la signature du pacte budgétaire, et une accélération de cette ligne», a-t-il dit sur BFMTV. «Je ne suis pas persuadé que les gens demandent au président de la République et au gouvernement d’aller plus vite et plus fort dans cette voie».