Duflot de retour à l'Assemblée mais pas accueillie à bras ouverts

POLITIQUE Le choix de l’ex-ministre de ne pas participer au gouvernement de Manuel Valls avait fortement déplu à la majorité des députés écologistes…

M.P.

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  									Cécile Duflot en visite à Mantes La Ville (Yvelines) le 17 février 2014.
Cécile Duflot en visite à Mantes La Ville (Yvelines) le 17 février 2014. — ISA HARSIN/SIPA

Depuis le remaniement, elle a évité la prise de parole dans les médias. Mais ce mardi soir, elle sera l’invitée du JT de France 2, une manière toute personnelle de fêter les deux ans à l’Elysée de François Hollande, dont elle a été la ministre pendant 18 mois. En effet, l’ex-ministre du Logement devrait expliquer pourquoi les choix politiques et économiques du nouveau gouvernement sont, de son point de vue, critiquables. Et revenir sur la décision d’EELV de ne pas participer au gouvernement de Manuel Valls, ce qui a provoqué son retour à l’Assemblée, où elle siègera pour la première fois ce mardi.

Son choix contesté

Et ce retour a fait grincer pas mal de dents parmi les députés écologistes, qui étaient majoritairement favorable à un maintien des verts au gouvernement. En chœur, ils ont fustigé la «décision personnelle» de Cécile Duflot et, accusé de suivre son propre agenda où la présidentielle de 2017 serait entourée en rouge. «Ce qui s’est passé a laissé des traces. Elle en a conscience et nous ne sommes pas là pour entretenir la querelle», temporise dans Le Parisien François de Rugy, co-président du groupe EELV à l’Assemblée.

Cécile Duflot siègera dans la commission Défense. «Elle va comprendre ce qu'est le travail parlementaire et que les trois quarts se font loin de la visibilité médiatique», tacle dans Le Monde le député EELV François-Michel Lambert, un autre des ardents défenseurs du maintien des écologistes au gouvernement. Il aura probablement l’occasion de lui en expliquer les subtilités puisqu’il siègera à côté de Cécile Duflot à l’Assemblée. «A elle de savoir comment s'intégrer dans un groupe qui existe depuis deux ans et qui a tangué avec son choix en amont», prévient-il dans Le Monde cette fois-ci.

Un pot d’arrivée snobé ?

Pour fêter son retour, le groupe EELV a d’ailleurs organisé  un pot de bienvenue mercredi. Mais pas sûr qu’il fasse le plein tant les rancœurs sont encore vives et les déçus pas prêts à passer l’éponge si facilement. Certains ont déjà fait savoir qu’ils hésitaient à venir. «Je n'ai pas grand plaisir à ce qu'on fasse une sauterie pour elle, vu ce qu'elle nous a fait», lâche un élu au Monde.

Les quelques rares députés de l’aile gauche de EELV, tels Sergio Coronado, se réjouissent, eux, du retour de Cécile Duflot à l’Assemblée. «Elle a une expérience politique, elle a toute sa place notamment médiatiquement», a-t-il jugé auprès de l’AFP. Attention toutefois à ne pas créer de conflits avec François de Rugy et Barbara Pompili, les deux co-présidents du groupe. «Cela va bien se passer. François et Cécile sont suffisamment intelligents pour trouver le bon fonctionnement et Cécile sait qu’elle n’a pas intérêt à mettre du désordre dans le groupe», assure Jean-Vincent Placé. Déjà, elle a renoncé à briguer la co-présidence du groupe, tandis que d’autres assurent qu’elle n’a pas besoin d’un titre pour avoir du poids médiatique. L’autre avocat de Cécile Duflot, son conseiller Stéphane Sitbon Gomez assure toutefois au Monde qu’elle revient comme «une députée de base».

Assaillie par les journalistes à son arrivée au Palais Bourbon mardi, elle a juste lâché: «Je suis très heureuse d'être là et de travailler, voilà!».