Ayrault rejoint l'Assemblée, «serein» et sans «aucune amertume»

ASSEMBLEE L'ancien Premier ministre, de retour à l'Assemblée nationale ce mardi, assure à l'AFP qu'il ne se lancera pas dans des commentaires...

20 minutes avec AFP

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Jean-Marc Ayrault le 1er avril 2014 a quitté Matignon.
Jean-Marc Ayrault le 1er avril 2014 a quitté Matignon. — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA

 L'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui rejoint ce mardi les bancs de l'Assemblée nationale un an après son départ de Matignon, a déclaré à l'AFP être «tout à fait serein» et sans « aucune amertume ».

«Je suis sans aucune amertume»

«Je suis tout à fait serein, détendu (...) Je suis sans aucune amertume (...) Je suis dans l'état d'esprit de celui qui a quitté Matignon avec dignité et j'ai bien l'intention de garder cette ligne de conduite. N'attendez pas de moi que je me lance dans des commentaires sur les uns ou sur les autres...», a-t-il déclaré dans sa première intervention depuis son départ de Matignon au lendemain de la débâcle des municipales.

Il a retrouvé une liberté

Mais si le désormais député de Loire-Atlantique, qui s'est «ressourcé» lors d'un voyage au Vietnam avec son épouse Brigitte, retrouve «une liberté» qu'il «n'avait plus», il souligne avoir «le sens du devoir», «qui est celui de tout faire pour contribuer à aider mon pays à réussir». «Aujourd'hui 6 mai, c'est le début de la troisième année du quinquennat» de François Hollande et «je lui souhaite la réussite», qui sera «la réussite de la France».

«Je suis content de retrouver mes habitudes de député», confie celui qui a été élu pour la première fois député de Loire-Atlantique en 1986 et qui a présidé le groupe socialiste entre 1997 et 2012. «Je connais bien les députés, je connais leur sensibilité et je me souviens leur avoir dit quand j'étais Premier ministre "je suis resté l'un des vôtres"», ajoute-t-il.

Pas de commentaire sur Valls

S'il entend être assez discret dans ses interventions ces prochains mois, Jean-Marc Ayrault va consacrer sa «première déclaration publique» à l'Europe lors d'un meeting pour les élections européennes le 12 mai dans sa ville de Nantes, aux côtés du social-démocrate allemand Martin Schulz, qui brigue la présidence de la Commission européenne.

Revenant sur ses deux ans comme chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault avoue au moins un «regret»: «On aurait pu mieux expliquer aux Français -j'y prends ma part- +voilà l'état réel du pays+». Le président François Hollande a d'ailleurs fait le même aveu mardi matin sur BFM-TV/RMC. En juillet 2012, lors de «ma déclaration de politique générale», «j'aurais aimé le faire plus, sans dramatiser à outrance mais en mettant plus chacun face à ses responsabilités» notamment la droite «qui nous avait laissé le pays dans l'état où on l'a trouvé» avec «une France qui avait perdu en compétitivité». «Mais bon voilà...», ajoute-t-il sans s'étendre. L'Elysée n'était alors pas sur la même ligne que lui et voulait jouer l'apaisement après la présidentielle.

Quel regard porte-t-il sur les débuts de son successeur à Matignon, Manuel Valls ? «N'attendez pas de moi que je me lance dans des commentaires sur les uns ou sur les autres», coupe-t-il court. Tout juste s'autorise-t-il une mise en garde sur l'unité de la majorité alors que les Verts ont refusé de participer au gouvernement Valls et que 41 députés PS se sont abstenus sur le programme de stabilité: «Ce qui est essentiel pour réussir, c'est le rassemblement des forces de progrès, donc il y a du travail à faire. C'est la responsabilité des uns et des autres: l'exécutif, le législatif, les formations politiques...»