Vie privée, économie, régionales: L'interview de François Hollande en cinq points

Anne-Laëtitia Béraud

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François Hollande, le 21 février 2014.
François Hollande, le 21 février 2014. — Denis Allard-Pool/SIPA

Plus impopulaire que jamais deux ans après son élection, François Hollande a affirmé ce mardi sur BFMTV et RMC vouloir aller «toujours plus loin, toujours plus vite» dans les réformes pour redresser la France, en dépit «des doutes» des Français.

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Interrogé pendant une demi-heure par le journaliste Jean-Jacques Bourdin puis par des auditeurs, le chef de l’Etat a assuré qu’«il y a un chemin de sortie». Il a appelé les Français à «garder espoir», promettant «un retournement» dans la deuxième phase de son quinquennat, après la débâcle des municipales.

Ses mea culpa et «regrets»

François Hollande a été plusieurs fois interrogé pour savoir s’il avait des regrets, deux ans après son élection. «Je ne m'attendais pas à des lendemains qui allaient chanter, mais «c'est sur le quinquennat que j'aurai à être jugé», assure-t-il. S'il avait été un électeur qui avait voté pour lui en 2012, François Hollande assure qu'il serait «impatient mais pas déçu», reconnaissant néanmoins avoir commis une erreur «en ne disant pas suffisamment que la situation économique était grave». 

Sur la baisse du chômage et le pacte de responsabilité

La baisse du chômage est «mon obsession, mon combat», a déclaré François Hollande, qui a là encore reconnu un «échec» sur sa «promesse» d'inverser la courbe du chômage avant la fin de 2013. Il fait de ce dossier une priorité, et une mesure d’évaluation de son quinquennat. «Comment voulez-vous qu'à la fin du mandat, si j'ai échoué sur la croissance, échoué sur le chômage, échoué sur le redressement du pays, je puisse dire "j'ai la solution pour la suite"?» a interrogé François Hollande, répondant à une question sur une éventuelle candidature en 2017.

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A propos du pacte de responsabilité, François Hollande a déclaré: «Je ne change pas de politique. Dès le mois de novembre 2012 (...) je décide d'alléger le coût du travail, de créer le CICE (...) Le 14 janvier, je dis il faut aller encore plus loin, encore plus vite parce que le pays doit avoir des résultats. On allège de 10 milliards de plus le coût du travail, on va simplifier encore d'avantage des procédures et pour financer l'ensemble de ce dispositif, je fais l'annonce d'un plan d'économies de 50 milliards. Il y a là un approfondissement, une accélération parce que je veux ces résultats et ces résultats viendront.»

Sur sa vie privée

François Hollande a réitéré ses propos tenus lors de sa conférence de presse du 14 janvier dernier, en pleine tempête médiatique à propos de sa liaison avec l’actrice Julie Gayet et sa séparation avec Valérie Trierweiler. «La vie privée relève de la vie privée», a redit François Hollande.

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Lorsqu'on lui demande s'il a été digne, le chef de l'Etat répond: «Oui, je pense, (...) jamais je ne me suis livré à je ne sais quelle facilité, confusion, jamais je n'ai été dans une forme de vulgarité ou de grossièreté». «Il y a toujours à avoir une relation simple avec les Français. Qu'ils me jugent sur ce que je fais, qu'ils me regardent pour ce que je suis, et je n'ai pas ici à confondre vie privée et vie publique», a-t-il ajouté.

A propos d'un report des élections régionales et cantonales en 2015 et 2016

Parmi les réformes «où il faut aller vite», figure le nouveau découpage territorial que doit mettre en oeuvre le gouvernement. Le Président a par ailleurs envisagé un report des élections régionales et cantonales de 2015 en 2016. «Si c'est 2016, ça permettrait d'avoir le temps. Je pense que ce serait intelligent de faire des élections régionales et départementales avec le nouveau découpage», a-t-il déclaré.

«Je pense que 12 régions ou 11 régions, la moitié, pourraient être la bonne carte de notre territoire, et pour les départements, j'ai moi-même été président de conseil général, une réforme majeure doit être portée, il n'y a plus de temps à perdre», a ajouté le président de la République. «Je considère qu'aujourd'hui toutes ces structures ne sont plus lisibles pour les Français. (…) J'ai demandé au gouvernement de Manuel Valls d'accélérer la réforme territoriale», a expliqué le Président.

Concernant la réforme des rythmes scolaires

François Hollande a reconnu mardi qu'il y avait pu avoir «des difficultés d'adaptation» dans l'application de la réforme des rythmes scolaires, «raison pour laquelle» il a demandé à Benoît Hamon «d'adapter, simplifier et assouplir» ce dispositif.

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«Faisons en sorte que dans la plupart des communes, ça se passe bien et nous en ferons l'évaluation. Je ne suis pas dogmatique. Si dans deux ou trois ans il y a des retours qui ne sont pas ceux que l'on a espérés, nous en ferons le bilan», a ajouté le Président.