Sarkozy drague les profs

P.B. avec AFP

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Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la présidentielle, est parti vendredi à la conquête des enseignants en chargeant Xavier Darcos, ancien ministre à l'Enseignement scolaire, d'une mission sur leur salaire et leur carrière, alors que leur vote semble de plus plus volatil.
Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la présidentielle, est parti vendredi à la conquête des enseignants en chargeant Xavier Darcos, ancien ministre à l'Enseignement scolaire, d'une mission sur leur salaire et leur carrière, alors que leur vote semble de plus plus volatil. — Dominique Faget AFP

Opération de séduction de la gauche, suite. Alors qu’il ne rate pas une occasion de citer Jaurès ou Blum, Nicolas Sarkozy s’est adressé aux enseignants vendredi soir, lors d’une réunion publique à Maison-Alfort, dans le Val-de-Marne.

«Je veux rendre hommage à tous ces professeurs, à tous ces instituteurs entre les mains desquels nous mettons l'avenir de nos enfants et donc notre avenir», a lancé le candidat de l’UMP devant 2.000 personnes.

«Je sais quelle a été depuis 25 ans la dégradation de leurs conditions matérielles et morales. Je sais combien leur pouvoir d'achat et leurs conditions de travail se sont dégradés, combien les perspectives de carrière se sont réduites pour beaucoup d'entre eux», a-t-il ajouté. Et d’affirmer que les enseignants «ne doivent pas être les boucs émissaires de la faiblesse de l'école».

Travailler plus, gagner plus

S’il est élu, Nicolas Sarkozy s’engage à donner aux enseignants «la considération qui leur est due, à revaloriser leur carrière (...) à multiplier les passerelles avec les autres administrations publiques» et à permettre à ceux «qui voudront travailler davantage, de gagner plus».

«Je m'engage à ce que les gains de productivité qui pourraient être réalisés leur soient redistribués pour moitié. Je m'engage à ce qu'ils soient mieux formés, mieux accompagnés, mieux soutenus et par conséquent moins isolés», a encore dit le ministre de l’Intérieur.

Fustigeant «l'idéologie de 68 qui a imposé partout le relativisme intellectuel et moral», il a regretté que «le principe d'autorité ait déserté l'école». Davantage d’autorité, mais aussi de souplesse: Nicolas Sarkozy a plaidé en faveur de «la liberté pédagogique». «Qui mieux que l'instituteur peut choisir la bonne méthode pour apprendre à lire à l'enfant?», a-t-il demandé.