Au Parlement européen, Marine Le Pen n'a «fait que des bêtises»

POLITIQUE D'après l'eurodéputé Alain Lamassoure, sur la même ligne que la socialiste Pervenche Berès...

M.P. avec AFP

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Marine Le Pen le 1er mai 2014 à Paris
 
Marine Le Pen le 1er mai 2014 à Paris   — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Elle s'attend à un triomphe le 25 mai prochain mais ceux qui la cotoient au Parlement européen ne cessent de la critiquer. Alain Lamassoure, chef de file UMP aux Européennes en Ile-de-France, a assuré vendredi que Marine Le Pen, eurodéputée depuis dix ans, n'a «fait que des bêtises» au parlement de Strasbourg.

Sur Europe 1, le responsable d'opposition a ironisé sur la formule lancée la veille par le présidente du FN à ses militants («Ne me décevez pas et allez voter»): «Elle aurait pu continuer en disant : ne me décevez pas, ne vous abstenez pas, allez voter, parce que si vous votez pour moi, moi je vous décevrai!» «Marine Le Pen, ça fait dix ans qu'elle est au Parlement européen. Qu'est-ce qu'elle a fait ? Quasiment rien, rien que des bêtises», a insisté l'ancien ministre.

Il a cité «le sujet le plus important de l'Europe sociale, la loi sur le détachement des travailleurs, la possibilité pour les travailleurs européens d'aller travailler dans un pays différent. La veille du vote, Marine Le Pen dit: cette loi c'est une bombe à fragmentation contre l'emploi des Français en France. Le lendemain», Marine Le Pen «s'est abstenue». «C'est un exemple, je peux en donner dix ou quinze», a-t-il poursuivi.

Accusée de «détournement électoral»

«Ca fait trente ans que Jean-Marie Le Pen est au parlement européen, ça fait dix ans que Mme Le Pen» y est, «ils en redemandent pour cinq ans de plus, pour ne rien faire d'utile pour la France». «Plus il y aura de députés FN au Parlement européen, plus ça desservira la cause de la France», selon lui.

Même son de cloche du côté de la tête de liste PS en Ile-de-France, Pervenche Berès. Marine Le Pen «pratique du détournement électoral» dans sa campagne pour les élections européennes, n'ayant en fait en vue que la «politique intérieure», a-t-elle critiqué sur France Culture.  La présidente de la commission de l'Emploi du Parlement européen était interrogée sur l'ambition réitérée jeudi par la présidente du Front national, à l'occasion du traditionnel défilé frontiste du 1er mai, de voir le FN arriver en tête lors du scrutin du 25 mai, ce qui, selon elle, rendrait inéluctable une dissolution de l'Assemblée nationale.

«Je reproche à Madame Le Pen d'emmener les Français dans le mur, de se servir de son mandat de députée européenne, comme son père l'avait fait (...), uniquement pour faire de la politique nationale», a-t-elle appuyé.

Dans certains sondages, le Front national devance l'UMP pour ce qui est des intentions de vote le 25 mai, aux Européennes.