Marine Le Pen demande à ses partisans d'aller voter aux Européennes

POLITIQUE A l'occasion du traditionnel rassemblement du 1er-Mai...

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Elodie Le Maou, David Cantiniaux, Frédéric Jeammes AFPTV / Front national

«Ne me décevez pas et allez voter»: à trois semaines des élections européennes, Marine Le Pen a exhorté ses partisans à placer le FN en tête, ce qui, a-t-elle répété, rendrait inéluctable une dissolution de l'Assemblée nationale.

Pour ce traditionnel défilé frontiste du 1er mai avec 5.300 personnes selon la police, 20.000 selon le FN, sur la place de l'Opéra à Paris remplie presqu'à la moitié, la présidente du FN a appelé ses électeurs à faire leur «devoir de patriote» le 25 mai. «C'est un rendez-vous crucial, beaucoup plus qu'il n'y paraît.»

Pendant 45 minutes et sous une pluie battante, elle a martelé ce message vital pour le FN alors que les européennes sont un scrutin où l'abstention est massive, plus encore chez les classes populaires, part importante de l'électorat du parti.

Voter avec les pieds ? C'est non pour elle: «Certains d'entre nous font une funeste erreur, ils pensent qu'en boudant les urnes le 25 mai, ils diront leur mépris pour cette UE qu'ils n'aiment pas (...) mais c'est tout l'inverse. Ceux qui n'iront pas voter laisseront aux partisans de cette UE la possibilité de continuer leur oeuvre funeste», a-t-elle assuré.

L'espoir de la dissolution

«Chacun d'entre nous doit convaincre sa famille, ses amis d'aller voter le 25 mai prochain», a-t-elle insisté. «Le FN semble craindre que son électorat se dise : "Les municipales ont été bonnes, maintenant il n'y a plus besoin d'aller voter"», a noté auprès de l'AFP Jean-Yves Camus, chercheur spécialiste de l'extrême droite. Marine Le Pen a donné à ces élections un enjeu tout aussi national qu'européen: «Si le peuple français nous place en tête, le président de la République ne pourra pas ignorer le rejet de la construction européenne qui se sera exprimé».

«Les instances de l'Union européenne seront obligées d'interrompre leur course folle. La seule solution sera la dissolution de l'Assemblée nationale, de nouvelles élections législatives, et donc le moyen de changer radicalement la politique nationale», a-t-elle dit. Les sondages placent le FN au coude-à-coude avec l'UMP, assez largement devant le PS.

«Le mode de scrutin est incontestablement en notre faveur», reconnaissait récemment la députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen, qui concédait toutefois que les récentes sorties anti-UE de plusieurs ténors de l'UMP comme Laurent Wauquiez, Henri Guaino ou Rachida Dati pouvaient constituer pour le FN «l'aléa» de cette campagne.

L'immigration ciblée

La députée européenne, candidate à sa réélection dans la circonscription du Nord-Ouest, a concentré son discours sur la perte de souveraineté que subirait actuellement la France. «Nous devons rendre des comptes à l'UE, demander des permissions pour tout, comme si nous étions un peuple enfant. Mais ces permissions, nous avons beau ramper, nous ne les obtenons jamais», a-t-elle fustigé.

Elle a aussi tenu un discours identitaire contre les «vagues massives d'immigration en provenance de pays issus d'autres civilisations, dont les moeurs, les coutumes et les traditions sont pour beaucoup incompatibles avec notre mode de vie (...). La France doit demeurer la France et son peuple demeurer français.»

Dans le cortège d'hommage à Jeanne d'Arc comme pendant le discours de Marine Le Pen, les militants agitaient des fumigènes, des drapeaux tricolores ou FN et alternaient entre Marseillaise et slogans tels que «On est chez nous», répétés à de nombreuses reprises, «Marine présidente» et quelques «Hollande démission».