Vote du programme de stabilité: Qui sont les abstentionnistes de la majorité?

POLITIQUE Les 41 abstentionnistes sont principalement issus de l'aile gauche du Parti socialiste...

Enora Ollivier

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L'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 29 avril 2014, lors du discours de Manuel Valls sur le programme de stabilité.
L'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 29 avril 2014, lors du discours de Manuel Valls sur le programme de stabilité. — WITT/SIPA

Avec 41 abstentions, auxquelles il faut ajouter les trois votes contre des députés chevènementistes apparentés au PS à l’Assemblée, c’est 15% du groupe majoritaire qui n’a pas voté pour le programme de stabilité de Manuel Valls. Petite radiographie des mécontents.

Les aubrystes

Jean-Marc Germain, ancien directeur de cabinet de la maire de Lille, et Christian Paul sont montés au front pour dénoncer le programme de stabilité tel que présenté par Manuel Valls. Ils ont annoncé dès vendredi – avec Laurence Dumont, qui a finalement voté pour – qu’ils ne voteraient pas les économies prévues qui selon eux «créent un risque majeur de récession». Ce n’est «pas un vote de défiance mais d’alerte», a asséné mardi soir Christian Paul, qui veut que la majorité se «resoude». Les deux hommes faisaient déjà partie de ceux qui appelaient à un «contrat de majorité».

La Gauche populaire

Ce mouvement, constitué de politiques et d’intellectuels, plaide pour que la gauche s’intéresse davantage à son «électoral naturel», à savoir les catégories populaires, et a plusieurs relais à l’Assemblée. Parmi ses animateurs, le député d’Indre-et-Loire Laurent Baumel a été un des initiateurs de la fronde, signant successivement l’appel pour un «contrat de majorité» et la lettre à Manuel Valls du 16 avril. Lui et sept autres élus du mouvement se sont abstenus mardi. Cependant, tous les membres du courant n’ont pas fait le même choix, comme le député Philippe Doucet, un autre animateur de la Gauche populaire, qui a lui voté pour le programme de stabilité.

Un Monde d’avance

Le courant, qui a fédéré l’aile gauche du parti au congrès de Reims en 2008, est mené par Benoît Hamon, aujourd’hui ministre de l’Education. Quasiment tous ses députés, se sont abstenus mardi. Parmi les membres d’un Monde d’avance ayant voté pour, on peut toutefois noter les noms de Razzy Hammadi, Régis Juanico ou Germinal Peiro.

Mais aussi, au PS

Député issu de Maintenant la gauche, la motion «anti-austérité» arrivée en 2e position au Congrès de Toulouse, Jérôme Guedj s’est abstenu mardi. Le remuant élu, qui laissera bientôt sa place à l’Assemblée à l’ancien ministre François Lamy, dont il était le suppléant, est un des meneurs de la fronde et n’avait déjà pas voté la confiance à Manuel Valls le 8 avril. Parmi les abstentionnistes, on rencontre également Arnaud Leroy, un proche d’Arnaud Montebourg mais aussi l’ancienne ministre de l’Ecologie Delphine Batho, écartée du gouvernement en juillet 2013 après avoir critiqué le budget.

Les chevènementistes

Les trois députés du Mouvement républicain et citoyen (MRC), fondé par Jean-Pierre Chevènement, sont les seuls du groupe socialiste, républicain et citoyen à avoir voter contre le texte. Ce choix était attendu: il s’inscrit dans la lignée du rejet du pacte budgétaire européen en 2012. Or, pour Jean-Luc Laurent, Marie-Françoise Bechtel et Christian Hutin, le programme de stabilité n’est «rien d'autre que la mise en application de ce traité».