Ces partis nationalistes qui veulent conquérir l’Europe

EUROPEENNES Marine Le Pen souhaite fédérer différents mouvements nationalistes pour monter un groupe parlementaire européen. «20 Minutes» dresse une liste –non-exhaustive- de ces partis…

Anne-Laëtitia Béraud
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Marine Le Pen, présidente du Front national, le 22 avril 2014 à Paris.
Marine Le Pen, présidente du Front national, le 22 avril 2014 à Paris. — LCHAM/SIPA

Alors que le Front national a lancé ce mardi sa campagne pour les élections européennes du 25 mai, le parti souhaite s’allier avec plusieurs formations étrangères nationalistes. Le but, pour Martine Le Pen, est de constituer un nouveau groupe parlementaire européen, qui comprendrait au moins 25 députés originaires de sept pays différents. 20 Minutes dresse un panorama -non exhaustif- de ces partis nationaux-populistes européens qui se retrouvent sur les thèmes communs du nationalisme, du rejet de l’immigration, de l’Europe et des «élites».

En Europe du Nord

En Grande-Bretagne, figure le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) dirigé par l’eurosceptique Nigel Farage. Il compte treize députés européens, et préfère s’allier avec Debout la République du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan plutôt qu’avec le Front national, au grand dam de Marine Le Pen. Son fait d’arme: il a réussi à imposer à David Cameron, le Premier ministre, un référendum sur l’hypothèse d’une sortie du pays de l’Union européenne. Autre formation radicale, le British national party (BNP) de Nick Griffin, jugé aujourd’hui infréquentable par le Front national.

Aux Pays-Bas, le Parti pour la liberté (PVV) de l’europhobe Geert Wilders, allié depuis la mi-novembre 2013 au Front national pour les élections européennes, constitue la troisième force politique du pays. Il dispose de quatre sièges au Parlement européen. L’héritier de Pim Fortuyn, le populiste assassiné en 2002, milite pour que les Pays-Bas abandonnent la monnaie unique, quittent l’Union européenne et l’espace Schengen. Le parti est anti-islam et pro-israélien. Poursuivi pour avoir notamment comparé le Coran à Mein Kampf d’Adolf Hitler et avoir appelé les musulmans à se conformer à la «culture dominante» ou à s’en aller, Geert Wilders a été relaxé en juin 2011.

En Scandinavie

En Finlande, le parti populiste eurosceptique et anti-immigré «Parti des Vrais Finlandais», constitue la troisième force politique, mais refuse de participer à une coalition gouvernementale. Il a obtenu 19,1% des voix aux législatives de 2011 puis 12,3% aux municipales finlandaises de 2012. Le parti, dirigé par Timo Soini, cible – entre autres- les aides aux pays d’Europe du sud en difficulté.

Au Danemark, figure le parti eurosceptique et anti-immigration Parti populaire (FP), dirigé par Soeren Soendergaard. En novembre 2013, au lendemain de l’alliance entre le PVV du Néerlandais Geert Wilders et du FN, le Parti populaire a exclu toute alliance avec le Front national, précisant que le parti présidé par Marine Le Pen avait «un fond antisémite».

En Norvège, figure la formation populiste anti-immigration et anti-islam «Parti du Progrès» (Fremskrittspartiet FrP), dirigé par Siv Jensen, membre de la coalition au pouvoir. Aux législatives de 2009, le parti a enregistré 22,9% des voix, devenant la deuxième force politique du pays, mais aux élections législatives de septembre 2013, il a retrogradé en troisième position avec 29 élus (-12 sièges), derrière le Parti travailliste (DNA) et le Parti conservateur (H).

En Suède, le parti europhobe, anti-immigrés et anti-islam «Démocrates suédois» (Sverigedemokraterna, SD) est dirigé par Jimmie Akesson. Actuellement en négociation avec le Front national de Marine Le Pen pour les élections européennes, il a obtenu moins de 6% des voix aux législatives de 2010.

En Europe centrale

En Suisse, le parti populiste europhobe et anti-immigrés de l’Union démocratique du centre (UDC) est la première force politique du pays. Il obtient à toutes les élections plus de 20% des suffrages exprimés. Le parti est à l’origine des référendums d’initiative populaire sur l’interdiction de la construction de minarets en novembre 2009, ou la votation contre l’immigration de février 2014, qui a inquiété les gouvernements européens.

En Hongrie. Le principal parti d’extrême droite Jobbik («Mouvement pour une meilleure Hongrie»), créé en 2006 est la formation d’extrême droite la plus puissante en Europe de l’Est. S’illustrant par ses milices racistes aux uniformes noirs anti-Roms, usant d’une rhétorique sécuritaire et antisémite, la formation a recueilli le 6 avril 20,54% des voix aux élections législatives hongroises. Avec près de cinq points de plus qu’en 2010, elle se place comme la troisième force du pays. Elle entretient des liens avec plusieurs mouvements nationaux-populistes, avec le parti polonais Ruch Narodowy ou le BNP anglais de Nick Griffin. Le Front national français le considère toujours comme infréquentable.

En Autriche, figure le parti xénophobe et europhobe «Parti de la liberté d’Autriche» (FPÖ), dirigée par Heinz-Christian Strache, qui a succédé à Jörg Haider. S’alliant au parti conservateur à l’issue des législatives de 1999, il est alors entré au gouvernement. Le 8 avril 2014, le parti a retiré sa tête de liste aux élections européennes, Andreas Mölzer, eurodéputé depuis dix ans et pilier du parti, après des semaines de polémiques sur ses déclarations racistes. Le FPÖ est allié au Front national pour les Européennes du 25 mai.

En Europe du sud

En Italie, la Ligue du Nord, fondée par Umberto Bossi est un parti régionaliste anti-immigration. Xénophobe, il prône la séparation du nord et du sud de l’Italie. Le parti a intégré le gouvernement de Silvio Berlusconi en 2008, mais s’en est écarté le 13 novembre 2011 avec la mise en place du gouvernement de Mario Monti. Dans la péninsule italienne, figure aussi le mouvement nationaliste Casapound, né à Rome en 2003, qui se revendique néofasciste.

En Grèce, la chute du parti d’extrême droite Aube dorée, après une ascension éclair et son entrée au Parlement grec en 2007. Huit députés sur dix-huit de ce parti néonazi ont été mis en examen depuis le meurtre d’un militant antifasciste en septembre 2013, et trois d’entre eux sont en prison, dont le dirigeant du parti Nikolaos Michaloliakos.