Fréjus: «Rachline va se forger l'image d'un maire notable de droite»

INTERVIEW Joël Gombin, doctorant à l'Université de Picardie-Jules Verne, est spécialiste du vote FN...

Propos recueillis par Caroline Delabroy
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Après l'élection en mars d'un maire FN à Fréjus (Var), le politologue Joël Gombin apporte son éclairage à 20 Minutes.

Est-ce que la prudence affichée par David Rachline, nouveau maire FN de Fréjus,vous étonne?

Qu’une fois maire, il adopte un discours plus policé en apparence est quelque chose de normal. Comme tout nouvel élu, David Rachline doit asseoir sa majorité politique. Il faut rappeler qu’il a gagné les élections avec une triangulaire. S'il veut penser au coup d'après, il va devoir fidéliser sur sa personne une partie de l’électorat local de droite et rassembler au-delà des extrêmes. Pour cela, il va se forger l’image d’un maire notable de droite. David Rachline est ainsi très représentatif de la stratégie de dédiabolisation du FN.

Quel est son profil idéologique au sein du parti?

Cette stratégie a toujours été portée par ceux qui, idéologiquement, sont les plus radicaux. A l'image des Duprat, Stirbois ou Mégret, Rachline est d’une idéologie très structurée. Ce n’est pas du tout quelqu’un de modéré. On sait qu’il a été formé par Alain Soral, qu'il est proche des nationaux-révolutionnaires. Dans le même temps, il est un des tenants forts de la dédiabolisation. C'est un leader jeune mais qui a fait un long travail d'implantation locale.

Quelle analyse politique faites-vous de sa victoire à Fréjus?

Depuis longtemps, l'extrême droite fait des scores au-dessus de la moyenne nationale à Fréjus. Elle est certes une ville relativement paupérisée mais d’autres dans le Var ont des caractéristiques similaires, et n’ont pas voté massivement en faveur du FN. C’est une configuration politique qui a fait que le FN l’a cette fois emporté. Cette victoire s'inscrit dans une sorte de guerre des droites au sein de l'UMP locale, qui a ouvert un boulevard à David Rachline.