Le Parti socialiste lance sa campagne en misant sur l'alternative Schulz

EUROPEENNES La Parti socialiste critique la règle des 3% imposée par Bruxelles...

20 minutes avec AFP

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Martin Schulz est le candidat des socialistes européens à la Commission européenne
Martin Schulz est le candidat des socialistes européens à la Commission européenne — JOHN MACDOUGALL / AFP

Le candidat des socialistes européens à la Commission européenne, Martin Schulz, a promis jeudi de lutter contre l'évasion fiscale et promouvoir la croissance en Europe, lors d'un meeting de lancement de la campagne des socialistes à Paris. Le meeting a débuté peu après 20h à Paris, regroupant plusieurs délégations de socialistes européens brandissant leurs fanions et le drapeau de l'Europe. Les deux têtes de liste de chaque région ont été chaleureusement applaudies, notamment Edouard Martin, l'ancien syndicaliste qui se présente dans l'Est.

>> Lire notre éclairage: Le PS fait campagne pour les européennes sur le rejet de l'autorité

Lors d'une conférence de presse introductive, Martin Schulz a promis de faire de la «lutte contre l'évasion fiscale, à l'intérieur et à l'extérieur» de l'UE l'un des piliers de sa candidature face au conservateur Jean-Claude Junker (PPE), «pour une autre Europe», «plus solidaire, plus sociale, plus démocratique». «Pour le moment, il faut que nous vivions avec les critères de 3%» du PIB pour le déficit public, critère établi par le traité de Maastricht (1992), a-t-il dit, critiquant cependant le «catéchisme» de certains à Bruxelles vis-à-vis de cette règle. Il a choisi Paris pour commencer sa tournée européenne pour les européennes.

«Par un autre vote, imposons une nouvelle croissance»

Selon le numéro 2 du PS, Guillaume Bachelay, 1.600 personnes étaient réunies, qui scandaient entre chaque discours «Martin, président». Le mot d'ordre des socialistes européens : «L'austérité de Bruxelles est une erreur, par un autre vote, imposons une nouvelle croissance».

Le Parti socialiste européen (PSE), qui regroupe notamment les élus du SPD allemand, du PS français, du Labour britannique ou encore du Parti démocrate italien, a désigné le 1er mars le social-démocrate allemand pour briguer le poste actuellement occupé par José Manuel Barroso (PPE, droite). Autour de cet européen convaincu de 58 ans, avenant mais aussi autoritaire, fonceur et sans langue de bois, les socialistes misent sur une «tout autre orientation à Bruxelles», vers la croissance et contre l'austérité, explique jeudi Jean-Christophe Cambadélis, désireux de sortir du climat désastreux de l'après-municipales.

Alors que les sondages donnent le PS en troisième position, derrière le FN et l'UMP le 25 mai, le nouveau patron du PS a invité les Français à ne pas se «tromper de colère» en comprenant que l'élection européenne est «continentale» et non «nationale». 

Numéro d'équilibriste

Le contexte de cette campagne est cependant délicat pour le PS, qui doit à la fois défendre sur la scène nationale les 50 milliards d'euros d'économies proposés par Manuel Valls et dénoncer les politiques d'austérité conduites en Europe.

«Nous ne sommes pas choqués par le fait que la France respecte les engagements pris lors du Traité de Maastricht, voté par les Français. Mais nous estimons que les 3%, élaborés avant la crise, ne correspondent plus à la situation actuelle, que le rythme de marche aux 3% est trop contraignant et que l'on devrait sortir des déficits les investissements d'avenir», affirme à l'AFP le patron du PS. Selon lui, «tout l'objet de la campagne» sera donc de «changer» la règle des 3%, à la fois dans le «contenu et la trajectoire».

Un changement pour la tête de la Commssion

Après un sérieux revers en 2009, où ils n'avaient obtenu que 14 élus au Parlement européen, les socialistes français espèrent tirer les bénéfices d'une nouveauté: pour la première fois, à la faveur du traité de Lisbonne entré en vigueur fin 2009, les chefs d'Etat et de gouvernement européens devront tenir compte des résultats des élections européennes, et donc de la majorité obtenue au Parlement, pour la présidence de la Commission.