Plan d’économie de Valls: Des députés PS se disent «atterrés»

POLITIQUE Des députés socialistes n'ont pas apprécié d'avoir appris des mesures sans être prévenus. Et contestent le sens des réformes...

E.O.
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Le député socialiste de la Nièvre Christian Paul, le 9 mars 2010.
Le député socialiste de la Nièvre Christian Paul, le 9 mars 2010. — FACELLY/SIPA

La majorité gronde. De nombreux députés PS se disent «atterrés» par les annonces de Manuel Valls, qui a détaillé ce mercredi un plan de 50 milliards d’euros d’économies. «Nous étions 150 députés et nous avons écouté dans un silence de mort ces annonces», a raconté Christian Paul, député PS de la Nièvre, à l’AFP.

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Dès la fin de l’intervention du Premier ministre, l’élu, qui était un des initiateurs de la «fronde» réclamant un «contrat de majorité» avant de finalement voter la confiance à Manuel Valls, avait twitté sa colère:

«Sur la forme, on prend de vitesse la majorité parlementaire pour la mettre devant le fait accompli alors qu'on nous avait promis un dialogue en amont», a précisé Christian Paul. Et «sur le fond, nous n'avons pas été élus pour organiser la perte de pouvoir d'achat des retraités, des fonctionnaires et des salariés qui bénéficient de prestations sociales», a ajouté ce proche de Martine Aubry.

«On va dans le mur»

Alors le député annonce qu’il votera contre  «en l'état» le 30 avril sur le  «programme de stabilité « des finances publiques. Tout comme Laurent Baumel, du collectif de la Gauche populaire, qui prévoit  «de sérieuses difficultés pour le gouvernement pour le vote du 30 avril». «Les élections municipales n'ont rien changé. On va dans le mur», explique cet élu d’Indre-et-Loire, qui ironise sur Twitter: «figer les prestations sociales pour financer le pacte de responsabilité et la future distribution des dividendes, bonjour la gauche!»

«Méthode surprenante, les députés socialistes découvrent en réunion de groupe via la télévision les décisions du gouvernement», a tweeté le député de l'Essonne Michel Pouzol.

«On avait eu une explication avec le Premier ministre»

Son collègue Jérôme Guedj a même posté une photo immortalisant le moment, en qualifiant la situation de «lunaire».

La colère ne gagne toutefois pas l'ensemble du groupe.  «On avait eu une explication avec le Premier ministre le matin de sa déclaration de politique générale, cela vaut dialogue avec le groupe. Pour ce genre d'annonces, il faut éviter les fuites», a indiqué Dominique Raimbourg à l'AFP.