VIDEO. «Provocation», «scandaleux»… La classe politique flingue le Smic jeunes du Medef

POLEMIQUE A gauche, comme à droite, le rejet de la proposition est unanime. Ou  presque…

M.B.
La présidente du Front national Marine Le Pen au siège de son parti à Nanterre, le 30 mars 2014
La présidente du Front national Marine Le Pen au siège de son parti à Nanterre, le 30 mars 2014 — Kenzo Tribouillard AFP

Une proposition inflammable. Si le patron des patrons Pierre Gattaz voulait susciter la polémique avec sa proposition mardi d’instaurer à titre «temporaire» un salaire «transitoire» inférieur au Smic, pour permettre aux jeunes, notamment, d'entrer sur le marché du travail, il a réussi son pari.

Le président du Medef a donc repris à son compte l’idée de «petits boulots» payés en-dessous du Smic avancée début avril  par l'ex-directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, qui avait déjà fait du bruit. Et les réactions s’enchaînent depuis 24 heures.



«Une idée du passé»

Ce sont d’abord les syndicats qui sont montés au créneau. «On rentre dans la provocation et l'indécence, c'est inacceptable», s'est insurgé sur i-Télé le numéro un de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly.  «Avec le Smic transitoire, Pierre Gattaz ressort une idée du passé. Visiblement les mauvaises idées ne sont jamais transitoires», a réagi dans un tweet le numéro un de la CFDT Laurent Berger.

Le vice-président de la CFTC, Joseph Thouvenel, a déclaré sa totale opposition à «toute remise en cause du salaire minimum». «Celui qui travaille, quel que soit son âge, doit être payé correctement et dignement. Et s'il faut baisser des rémunérations, on peut imaginer que les plus hautes rémunérations commencent par montrer l'exemple».

«Une logique esclavagiste!»

Le prédécesseur de Pierre Gattaz à la tête du Medef, Laurence Parisot, n'a pas mâché ses mots: «proposer un salaire en-dessous du Smic s'apparente à une logique esclavagiste!», a-t-elle tweeté, estimant que ceux qui le proposent «font une erreur d'analyse sur les véritables causes du chômage».

Proposer un salaire en dessous du Smic s'apparente à une logique esclavagiste.
— Laurence Parisot (@LaurenceParisot) April 15, 2014

La classe politique n’est pas en reste. Depuis mercredi matin, les sorties se multiplient. Sur France 2, la ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, qui fustige une «provocation inutile», a estimé qu'un Smic jeunes serait «une mauvaise idée parce que ça reviendrait à créer un sous-salariat au sein de l'entreprise».

«Brutaliser les plus petits revenus»

A droite de l’échiquier politique aussi, l’idée du Medef ne passe pas. Marine Le Pen, présidente du FN, a jugé «scandaleux» tout «Smic au rabais», voyant la «prochaine étape de l'austérité qu'on impose à la France. La lutte contre le chômage ne se fera pas en tirant tout le monde vers le bas, en détruisant notre modèle social, en cassant les ressorts de l'économie».

«Le fait que l'on propose à des jeunes ou d'ailleurs à des plus âgés de travailler pour moins de 1.000 euros par mois, franchement ce n'est pas raisonnable et ce n'est pas respectueux. On a le devoir de dire non. On voit bien que ce n'est pas de leurs enfants qu'il s'agit», a  estimé de son côté François Bayrou sur Europe 1.



François Bayrou : "Si l’on veut aider les... par Europe1fr

Au même moment sur France Info, Alain Juppé fustigeait une «proposition intempestive" qui ne veut pas «brutaliser les plus petits revenus».



Alain Juppé et le "smic jeunes" : une... par FranceInfo

A l’UMP, certains avis sont moins tranchés. «Toutes les solutions, toutes les idées pour pouvoir lutter contre le chômage, en particulier le chômage des jeunes, doivent pouvoir être étudiées, on ne doit pas s'empêcher de regarder», a nuancé Nathalie Kosciusko-Morizet, ex-ministre UMP sur RTL.




Pourquoi le SMIC est-il critiqué ? - Le 15/04/2014 à 23h40