Pari socialiste: Le courant «Maintenant la gauche» demande des «Etats généraux socialistes»

POLITIQUE Ce courant de l'aile gauche va déposer des propositions mardi lors de l'élection du nouveau Premier secrétaire du Parti socialiste...

20 Minutes avec AFP

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Marie-Noëlle Lieneman est une des animatrices du courant de gauche du PSLe courant de l'aile gauche du PS
Marie-Noëlle Lieneman est une des animatrices du courant de gauche du PSLe courant de l'aile gauche du PS — LANCELOT FREDERIC/CHAMUSSY/

Le courant de l'aile gauche du PS «Maintenant la gauche» réclame d'organiser «rapidement des Etats généraux des socialistes» à partir de «cahiers de doléances» des militants, puis un congrès extraordinaire, dans une lettre adressée lundi aux adhérents et à la direction du parti.

Une motion préalable soumise mardi au parlement du PS

Ces propositions, a déclaré à l'AFP l'une des animatrices de ce courant, Marie-Noëlle Lienemann, seront soumises mardi au «parlement» du parti sous forme d'une «motion préalable». «Si notre motion n'est pas retenue, alors Emmanuel Maurel (autre leader) sera candidat», a-t-elle dit. Ce texte, transmis à la presse à la veille de la tenue d'un conseil national chargé d'élire le successeur d'Harlem Désir entré au gouvernement, est signé de Mme Lienemann, Emmanuel Maurel, Jérôme Guedj, ou encore Julien Dray.

Un PS confronté à trois crises

«La gravité de la situation exige que la parole soit donnée aux militants, ce qui sera la première étape pour leur rendre le pouvoir. Ils doivent intervenir à la fois sur le fond de la ligne politique, sur le fonctionnement démocratique et pluraliste de leur parti, ainsi que sur son rôle», écrivent-ils dans ce texte. «C'est pourquoi nous proposons la mise en place d'une direction collégiale, car il serait impensable qu'un changement de premier secrétaire se fasse sans que les militants aient pu en décider, ce qui suppose qu'ils puissent voter entre des candidatures alternatives claires. Cette direction collégiale serait chargée d'organiser rapidement des Etats généraux des socialistes, qui se saisiraient d'ici la rentrée des "cahiers de doléances et de propositions" transmis par les militants. A l'automne, un congrès viendrait conclure ce processus», ajoutent-ils.

Selon eux, le PS est confronté à trois crises: «Une crise électorale exceptionnelle, avec la perte de 10 villes de plus de 100.000 habitants et d'un tiers des villes de plus de 10.000 habitants», «une crise de fonctionnement qui se prolonge, avec une évaporation des militants, de moins en moins nombreux, de plus en plus démotivés et de moins en moins formés, sans parler d'une procédure de désignation des dirigeants qui abaisse le rôle des militants» et «une crise existentielle que l'on n'ose pas aborder de face, parce qu'elle conduit à poser la question dérangeante: à quoi sert le PS aujourd'hui?».