Une marche contre l’austérité le 12 avril… et l’amorce d’une opposition de gauche au gouvernement?

POLITIQUE Plusieurs partis, syndicats et associations ont appelé à une marche contre l'austérité et contre le gouvernement Valls...

Enora Ollivier
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Jean-Luc Mélenchon à Braud-et-Saint-Louis  le 8 avril 2014.
Jean-Luc Mélenchon à Braud-et-Saint-Louis le 8 avril 2014. — POUZET/SIPA

Les mots martelés par Jean-Luc Mélenchon le 31 mars, jour de la nomination de Manuel Valls à Matignon, se traduiront-ils par une foule dans la rue ce samedi? Ce soir-là, le coprésident du Parti de gauche avait vu dans l’arrivée du nouveau Premier ministre le début d’une «nouvelle ère», «celle de la reconstruction de la gauche, en dehors et contre le gouvernement».

Et de qualifier la «marche contre l’austérité» de ce 12 avril de «première manifestation de l’opposition de gauche contre ce gouvernement». «C’est une convergence très forte de tous ceux qui s’opposent à cette politique depuis des mois et veulent dire qu’une politique de gauche autre que celle de Manuel Valls est possible», confirme Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche.

«Non à l’austérité et au productivisme»

De fait, plusieurs partis (Front de gauche, NPA…), associations (RESF, ATTAC, DAL…) et syndicats (des fédérations CGT, FSU ou Sud…) ont appelé à participer à cette marche parisienne entre République et Nation. Ainsi que des membres d’Europe Ecologie-Les Verts. «Nous ne faisons plus partie du gouvernement, on est donc à équidistance des uns et des autres», explique Jacques Boutault, maire EELV du 2e arrondissement de Paris.

«On converge sur le mot d’ordre de samedi, qui est de dire «non» à l’austérité et au productivisme», poursuit l’élu qui rejoint les partis de la gauche radicale sur l’idée que «ce n’est pas en se mettant au pas derrière Bruxelles qu’on va résoudre les problèmes exprimés par les Français pendant les municipales». Pour autant, pas question d’une quelconque alliance à l’heure actuelle car «des éléments nous séparent du Front de gauche, sur la question du nucléaire, ou de l’écologie».

Des «dizaines de milliers» de manifestants attendus

La marche de samedi sera surtout l’occasion pour cette «autre» gauche de se compter, après les municipales marquées par l’échec du parti au pouvoir mais aussi par les bisbilles au Front de gauche entre Parti de gauche et PCF, qui a parfois choisi de s’allier avec le PS. Eric Coquerel estime déjà à des «dizaines de milliers» le nombre de participants potentiels.

Pour la suite, chacun renvoie à l’après-européennes -des élections où le Front de gauche se lance cette fois uni, mais sans EELV ni le NPA. «Des points de vue se rapprochent», note Eric Coquerel qui voudrait aussi parler aux onze députés socialistes qui se sont abstenus lors du vote de confiance à Manuel Valls mardi.