Corbeil-Essonnes: Serge Dassault mis en examen pour achat de votes

POLITIQUE L'industriel et sénateur UMP n'a pas été placé sous contrôle judiciaire...

20 Minutes AFP

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Le sénateur UMP Serge Dassault a passé mercredi une première journée en garde à vue, une semaine après la levée de son immunité parlementaire, dans l'enquête sur un système présumé d'achat de voix aux municipales de Corbeil-Essonnes.
Le sénateur UMP Serge Dassault a passé mercredi une première journée en garde à vue, une semaine après la levée de son immunité parlementaire, dans l'enquête sur un système présumé d'achat de voix aux municipales de Corbeil-Essonnes. — Kenzo Tribouillard AFP

L'industriel et sénateur UMP Serge Dassault a été mis en examen dans l'enquête sur les achats de votes présumés dans sa ville de Corbeil-Essonnes (Essonne). L'ancien maire, âgé aujourd'hui de 89 ans, a notamment été mis en examen pour achat de vote, complicité de financement illicite de campagne électorale et financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé. Aucun contrôle judiciaire ne lui a été imposé, a ajouté la source.

L'industriel avait été placé en garde à vue les 19 et 20 février dans le cadre de l'enquête ouverte à Paris sur un système présumé d'achats de votes à Corbeil-Essonnes. Mais il était ressorti libre des locaux de l'Office central contre la corruption et les infractions financières et fiscales, à la direction centrale de la police judiciaire à Nanterre (Hauts-de-Seine), mais en sachant qu'il serait ultérieurement convoqué chez les juges d'instruction du pôle financier de Paris, Guillaume Daïeff et Serge Tournaire, pour un interrogatoire en vue d'une éventuelle mise en examen.

Maire entre 1995 et 2009

Jusqu'à présent, s'il a reconnu des dons, il a toujours réfuté un quelconque lien avec de la corruption électorale lors des municipales de 2008, 2009 et 2010, les trois scrutins qui intéressent les magistrats instructeurs. Le propriétaire du groupe d'aéronautique de défense a été maire de la ville de 1995 à 2009, année où un scrutin avait été annulé par le Conseil d'Etat pour des achats de votes. Dans la foulée, son bras droit Jean-Pierre Bechter avait été élu à la mairie.

Il y a trois jours, il avait fait condamner Libération pour «atteinte à la présomption d'innocence», pour la publication par le quotidien d'une liste de noms saisie par les juges qui enquêtent sur des soupçons d'achat de voix, selon une décision consultée. L'immunité parlementaire de Serge Dassault avait été levée en février dernier.