Après «Flamby», «Fraise des bois»… François Hollande devient «Attila»

POLITIQUE Le chef de l’Etat aurait renforcé sa stature de chef de guerre après le remaniement….

Mathieu Bruckmüller

— 

Le président François Hollande à l'Elysée le 19 mars 2014
Le président François Hollande à l'Elysée le 19 mars 2014 — Alain Jocard AFP

François Hollande serait-il en fait un vrai «chef de guerre»? Depuis plusieurs mois, ceux qui voient en lui un disciple d’«Attila», le roi des Huns, fin stratège politique du Ve siècle qui tenta en vain d’envahir la Gaulle, se multiplient.

En septembre 2013, l’humoriste Tanguy Pastureau, sur RTL, s’est fait un plaisir de croquer «Hollande, notre Attila au visage épais… qui attaque tel une sangsue sur un hémophile». Une référence à l’intervention, quelques mois plus tôt, de la France au Mali et qui avait failli se répéter le 31 août en Syrie pour punir le régime de Damas d’avoir utilisé des armes chimiques contre sa population.


Tanguy Pastureau: Hollande, l’Attila au visage… par rtl-fr

François Hollande et ses «aptitudes au combat et au tir»…

Las. Après la décision des Britanniques de ne pas participer aux frappes, les Etats-Unis ont également fait marche arrière. Le président de la République a finalement décidé de ne pas envoyer l’armée française en première ligne face à celle de Bachar El-Assad.

N’empêche, cette volonté d’en découdre a surpris. «Nos généraux se souviennent aujourd’hui que l’homme avait été un élève zélé de l’école des officiers de Cöetquidan et qu’il avait même été remarqué alors pour ses aptitudes au combat et au tir», soulignait en décembre un article du Nouvel Observateur estimant même qu’«il se métamorphose en «serial warrior», prêt à toutes les imprudences à l’extérieur».

«Et s’il ramenait un peu de cette énergie à la maison?», s’interrogeait alors l’article de l’hebdomadaire, classé à gauche, titrant alors son article: «François Hollande, comme le reblochon: dur dehors, mou dedans?»

Mais la claque reçue lors des élections municipales pourrait avoir changé la donne. «En dix jours, Hollande est passé de la présidence gestionnaires à la présidence guerrière», souligne ce jeudi au Monde, un proche de François Hollande.

La journaliste politique du Parisien Nathalie Schuck renchérit: «Depuis hier, les socialistes son tentés de le rebaptiser Attila! En une seule journée, François Hollande a renversé la table en décapitant son cabinet à l’Elysée et à la tête du PS [avec l’exfiltration d’Harlem Désir], neuf jours après avoir déjà coupé la tête de Jean-Marc Ayrault… Un acte d’autorité que le Président tenait à marquer, lui qu’on dit souvent indécis».

… Mais aussi «Pépère»

«Indécis», le qualificatif est gentil parmi la quantité de sobriquets que François Hollande a collectionnés au cours de sa carrière politique, surtout au sein de sa famille politique. Au Parti socialiste, Laurent Fabius, l’actuel numéro deux du gouvernement, parlait de l’ancien patron du patron du PS comme «une fraise des bois» ou «Monsieur petites blagues», et pour Arnaud Montebourg c’était «Flamby».

Au cours de la campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a fait mouche avec l’expression «capitaine de pédalo». Et depuis son arrivée à la présidence de la République, il serait surnommé «Pépère» à l’Elysée, selon Le Canard enchaîné.

A coup sûr, François Hollande, au plus bas dans les sondages, devra s’il veut renouveler son bail au-delà de 2017, revêtir les habits d’Attila pour diriger son «gouvernement de combat» plutôt que ceux de «Pépère».