Remaniement: Fleur Pellerin, une ministre polyglotte, au Commerce Extérieur

PORTRAIT Celle qui s’est distinguée au Numérique rejoint l’équipe de Laurent Fabius…

Mathieu Bruckmüller

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Fleur Pellerin à Paris le 16 janvier 2014.
Fleur Pellerin à Paris le 16 janvier 2014. — MEIGNEUX/SIPA

Elle a dû vivre l’annonce de la composition du gouvernement de Manuel Valls la semaine dernière comme une injustice. Fleur Pellerin jusqu’ici ministre déléguée en charge des Petites et moyennes entreprises, de l’Innovation et de l’Economie numérique à Bercy se serait bien vu rempiler à la tête d’un ministère de plein exercice centré sur le numérique.

Las. Son nom ne faisait pas partie de la liste des 16 ministres du nouveau locataire de Matignon. Dans la foulée, Fleur Pellerin, née à Séoul, a pu compter sur de nombreux soutiens notamment sur Twitter où est apparu le hashtag #KeepFleur. A l’image du fondateur de Meetic, Marc Simoncini.

Surdiplômée…

Une campagne qui n’a porté ses fruits malgré un bilan dense comme la mise sur les rails de la FrenchTech pour structurer la communauté des entrepreneurs numériques, les Assises de l’entreprenariat qui ont mis fin à la grogne des Pigeons ou encore la récente réforme du financement participatif.

Fleur Pellerin, une énarque de 41 ans, une surdiplômée, qui est aussi passée par Sciences Po Paris et l’Essec, a donc quitté la forteresse de Bercy et son ministre de tutelle Arnaud Montebourg, pour rejoindre le quai d’Orsay. L’information qui circulait depuis plusieurs jours a été confirmée ce mercredi.

Sous l’autorité de Laurent Fabius elle récupère le ministère du Commerce extérieur jusqu’ici dévolu à Nicole Bricq, mais aussi le développement du Tourisme et les Français de l'étranger.

…Mais aussi polyglotte

Fleur Pellerin pourra mettre à profit sa parfaite maîtrise de l’anglais, de l’allemand, mais aussi un brin de japonais pour sillonner le globe notamment afin de pousser les entreprises françaises à s’exporter, et réduire l’abyssal déficit du commerce extérieur.

Ses débuts ne seront pas forcément de tout repos puisque pour la première fois sous la Ve République, le Commerce extérieur sera rattaché directement au ministère des Affaires étrangères et non plus à Bercy, ce qui fait grincer des dents chez certains fonctionnaires du ministère de l’Economie.

«Il s’agit d’une logique d’efficacité, c’est-à-dire de concentration des moyens de l’Etat à l’étranger pour renforcer la force de frappe de l’action de la France dans le monde», rétorque le quai d’Orsay. «L’objectif est clair: davantage d’efficacité, c’est-à-dire de meilleurs résultats pour notre économie et pour l’emploi», a abondé Laurent Fabuis dans un entretien accordé mardi aux Echos.