Le «cœur battant», Valls réclame la confiance au nom de la grandeur de la France

POLITIQUE Enflammé, le nouveau locataire de Matignon a dressé la feuille de route de son nouveau gouvernement…

Vincent Vantighem

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Le nouveau Premier ministre Manuel Valls s'adresse à l'assemblée nationale le 8 avril 2014
Le nouveau Premier ministre Manuel Valls s'adresse à l'assemblée nationale le 8 avril 2014 — Patrick Kovarik AFP

«Oui, la France, elle est belle!» Levant les yeux vers les bancs de l’opposition, Manuel Valls s’est alors permis de répéter, les yeux brillants: «Oui, la France, elle est belle!» Cela faisait 40 minutes environ que le nouveau locataire de Matignon était au perchoir de l’Assemblée nationale. Et à ce moment-là, il savait déjà qu’il avait réussi l’exercice délicat du discours de politique générale. La standing ovation qui a suivi des députés PS, jusqu'ici bien discrets, a d'ailleurs fini de le convaincre.

Les régions supprimées de moitié

Citant Jaurès parmi Mendès France et de Gaulle, Manuel Valls a livré une partition claire et dense, feuille de route censée «redresser la France». C’était attendu: le Catalan a détaillé les contours du pacte de responsabilité et les moyens grâce auxquels il compte réaliser 50 milliards d’économies.

» Revivez en live le discours de politique générale

Ça l’était beaucoup moins: il s’est permis d’annoncer une grande réforme territoriale, promettant de «réduire de moitié le nombre de régions dès 2018». Comme s’il entendait déjà les critiques fuser à propos d’une telle réforme maintes fois évoquée, le Premier ministre a tout de suite prévenu: «Il y a déjà eu beaucoup de propositions. Maintenant, il va falloir le faire!»

Patrick Menucci: «Il a réussi l’examen»

Absolument pas perturbé par les quelques quolibets jetés nonchalamment depuis les rangs de la droite au moment d’aborder le «mariage pour tous» ou la «rumeur de la théorie du genre», le nouveau locataire de Matignon a, en effet, donné le sentiment qu’il allait «faire ce qu’il promettait».

Y compris sur les sujets sociétaux, laissés en jachère par François Hollande après les remous du mariage pour tous. «Je pense à la réforme pénale, je pense à la famille, je pense à la politique d’immigration et d’asile, je pense aussi à la fin de vie pour laquelle un consensus peut être trouvé.»

«Manuel Valls a réussi l’examen, a commenté à l’issue du discours, Patrick Menucci, candidat PS malheureux à la mairie de Marseille (Bouches-du-Rhône). Il était enthousiasmant. Il a proposé un agenda et des mesures.»

Benoist Apparu n'a rien trouvé «à se mettre sous la dent»

Sans suprise, le député de la Marne et ancien secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, ne partage pas ce point de vue. «Je l'ai trouvé faible et imprécis. J'ai compté exactement 27 minutes avant de rentrer dans le vif du sujet, et derrière, le contenu reste faible. A part rénoncer le pacte de responsabilité, il n'y a rien à se mettre sous la dent.»

Vantant la «grandeur de la France», son «cinéma et sa musique capables de conquérir le monde», celui dont l’épouse est violoniste a également mis en avant «l’arrogance de croire que ce qu’on fait ici vaut pour le reste du monde». Une arrogance synonyme pour lui «d’immense générosité». Avant de demander le «cœur battant» aux députés de lui accorder leur confiance afin qu’il puisse la «rendre aux Français».