Bouches-du-Rhône: Jean-Noël Guérini annonce sa démission du Parti socialiste

POLITIQUE Le président du conseil général PS des Bouches-du-Rhône avait tancé son rival socialiste Patrick Mennucci, battu aux Municipales à Marseille...

R.S.

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Jean-Noel Guérini le 24 janvier 2014 à Marseille
Jean-Noel Guérini le 24 janvier 2014 à Marseille — Anne-Christine Poujoulat AFP

Il n’y aura pas d’éviction de Jean-Noël Guérini au PS. Le président du conseil général des Bouches du Rhône a choisi de s’auto exclure, avant même qu’une décision soit prise au sein du parti. Il explique sa décision dans un long article publié sur son blog, lundi. Il y explique avoir l’intention de se battre pour les habitants de son département, «en quittant le Parti socialiste, au sein duquel (il) milite depuis 1967.»

«C’est une épreuve pour moi, mais j’y suis contraint, poursuit-il. Ce parti, je ne le reconnais plus. Je ne m’y reconnais plus. Depuis maintenant quatre ans, je suis la cible d’attaques de socialistes, qui n’ont eu de cesse de me déshonorer, en distillant bien des contre-vérités, pour jeter le discrédit et la suspicion sur ce que j’ai fait et sur ce que je suis.»

Le parti s'apprêtait à prononcer mercredi son exclusion. «Notre objectif était que Jean-Noël Guérini ne soit plus membre du PS et que cela se fasse sans contestation juridique pour éviter une réintégration par un tribunal. Nous avions réuni toutes les conditions pour cette exclusion qui allait être effective au prochain bureau national», prévu mercredi, a déclaré Alain Fontanel, secrétaire national aux Fédérations du PS.

De nombreux conflits

La semaine dernière, Guérini avait ouvertement accusé Patrick Mennucci d’être responsable de la «débâcle électorale» de la gauche aux municipales à Marseille, démentant être intervenu sur un accord avec la droite dans un secteur, selon des déclarations à La Provence de samedi.

Tête de la liste d’union de la gauche, Patrick Mennucci «est responsable de l’élection d’un maire de secteur Front national dans les 13e et 14e arrondissements. Je n’ai pas entendu beaucoup d’explications sur ce choix désastreux (le maintien au second tour d’un candidat PS arrivé troisième, ndlr). Tout comme je n’ai rien entendu sur les causes réelles de cette débâcle électorale, hormis les sempiternelles attaques personnelles», déclare le sénateur, qui n’avait pas été exclu du PS après trois mises en examen, notamment dans le cadre d’un dossier de marchés publics présumés frauduleux.

Affaire de marchés publics

Ses principaux rivaux socialistes demandaient sa mise à l’écart du parti, dénonçant une mainmise officieuse de Guérini sur la politique locale. Il était également sous le coup de plusieurs mises en examen dans une affaire de marchés publics présumés frauduleux. Les enquêteurs s'interrogent sur les conditions dans lesquelles le marché de la décharge de la Vautubière, à La Fare-les-Oliviers (Bouches-du-Rhône), a été attribué en 2005 à une société contrôlée par Alexandre Guérini, frère du président du conseil général des Bouches-du-Rhône.