Duflot tire sur Hollande, mais EELV ne votera «pas contre» le gouvernement Valls

GOUVERNEMENT Quelques jours après avoir quitté le gouvernement, l’ex-ministre du Logement critique sévèrement l’exécutif…

Nicolas Beunaiche

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Cécile Duflot, le 6 mars 2014 à Angoulême.
Cécile Duflot, le 6 mars 2014 à Angoulême. — NOSSANT/SIPA/SIPA

Feu vert sur Hollande. Samedi, devant le conseil fédéral d'Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) à Paris, l’ex-ministre du Logement s’est montrée très critique à l’égard du président de la République, qui conduirait selon elle «une politique où le verbe et la communication sont plus que les actes».

«Je suis celle qui a qualifié le discours du président de la République à la conférence environnementale de septembre 2012 "d'historique et infiniment émouvant à entendre pour une écologiste". Mais j'ai payé pour savoir que pour certains, les mots ont vocation à rester des mots. Je fais le triste constat que c'est aussi cela qui a été sanctionné par les Français dimanche, une politique où le verbe et la "com" sont plus que les actes», a déclaré Cécile Duflot devant le conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) réuni à Paris quelques jours après la décision des écologistes de sortir du gouvernement.

«Les écologistes ont vocation à exercer le pouvoir»

Vendredi déjà, dans Libération, l'ex-ministre avait tiré sur l'exécutif. «Depuis des mois, je réclamais un changement de cap. J'ai cru que la défaite obligerait l'exécutif à bouger», y disait-elle. Mais «la seule réponse apportée a été un casting et l'affirmation, par le nouveau Premier ministre, de la continuité».

Cécile Duflot, qui a refusé lundi de participer au gouvernement Valls, a toutefois défendu samedi sa participation au gouvernement Ayrault. Les écologistes «ont vocation» à «exercer le pouvoir», a-t-elle déclaré. «Le pouvoir, les écologistes ont vocation à l'exercer pour faire prendre un autre cours à l'histoire de notre pays. Je continue plus que jamais de défendre le principe de participation à un gouvernement. Je souhaite un jour faire part de mon expérience (...) aux quatre, cinq, dix membres écologistes d'un futur gouvernement, dans un rapport de force différent», a-t-elle ajouté.

«Pour faire de l'écologie, il faut des écologistes»

Des propos qui font écho à ceux d’Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts, qui a assuré que son parti «reviendra(it )un jour au gouvernement» car «la France a besoin d'écologie».

«Je vous le dis, nous reviendrons un jour au gouvernement, pas pour nous faire plaisir, mais parce que la France a besoin d'écologie et pour faire de l'écologie, il faut des écologistes», a-t-elle déclaré. «Nous sommes un parti de gouvernement», a-t-elle d'ailleurs lancé, soulignant que les écologistes continueraient à «rappeler aux socialistes leurs promesses et leurs responsabilités».

«Certain qu'on ne votera pas contre»

Malgré leurs critiques à l'égard de la majorité de gouvernement, les écologistes d'EELV, ne voteront toutefois «pas contre» lors du vote de confiance au nouveau gouvernement mardi à l'Assemblée, a affirmé samedi le sénateur Jean-Vincent Placé.

«Nous avons rendez-vous à 16h à Matignon», une rencontre «à l'initiative du Premier ministre», a déclaré à la presse le chef de file des sénateurs EELV lors du Conseil fédéral. La décision du groupe à l'Assemblée sur le vote «aura lieu ensuite», a-t-il souligné, «le mardi matin». «Il est certain qu'on ne votera pas contre», a-t-il assuré. Le discours de politique générale de Manuel Valls aura lieu mardi-après-midi à l'Assemblée nationale.