«Vallsmania»: La droite cherche la parade contre le nouveau Premier ministre

POLITIQUE Après avoir tressé des louanges Manuel Valls, la droite cherche des angles d’attaque contre le nouveau Premier ministre…

Anne-Laëtitia Béraud
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Le nouveau Premier ministre Manuel Valls lors de la cérémonie de passation de pouvoir place Beauvau, le 2 avril 2014
Le nouveau Premier ministre Manuel Valls lors de la cérémonie de passation de pouvoir place Beauvau, le 2 avril 2014 — Kenzo Tribouillard AFP

Avec la prise de fonction de Manuel Valls à Matignon, la droite semble chercher ses mots pour attaquer le nouveau Premier ministre. En effet, ce proto- «Sarkozy du PS» est plutôt apprécié à droite, qui l’a souvent pris en exemple pour critiquer les autres ministres. En l’encensant notamment quand il s’opposait à Christiane Taubira sur la réforme pénale, ou encore Cécile Duflot sur les Roms.

Une popularité qui n’est pas seulement le fait des cadres de l’UMP: Si Manuel Valls est une personnalité populaire chez les sympathisants de gauche, il réussit l’exploit d’obtenir de bons sondages à droite. Dans le sondage BVA pour Le Parisien-Aujourd’hui en France publié lundi, 41 % des sympathisants de droite choisissent Manuel Valls comme Premier ministre parmi les personnalités socialistes… contre seulement 20 % des sympathisants de gauche.

Après l’annonce de Manuel Valls à Matignon, certains commentaires ont ainsi été plutôt bienveillants. L’ancien ministre UMP Patrick Devedjian a jugé lundi qu’avec ce remaniement, «c’est plutôt un coup de barre à droite», avant de rappeler que Manuel Valls avait été approché, après la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, pour entrer dans un gouvernement d’ouverture. Il avait finalement repoussé l’offre, contrairement à Eric Besson et Bernard Kouchner.

Approché par la droite en 2007

Le lendemain, l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a estimé sur Europe 1: «C’est possible que ce soit un bon choix.» Avant d’ajouter qu’en choisissant «la droite de la gauche plutôt que la gauche de la gauche, c’est une orientation qui ne peut pas déplaire aux gens de droite et du centre que je représente». L’ancien ministre centriste Hervé Morin souligne mardi dans une tribune sur le huffingtonpost.fr que Valls «est sur une ligne sociale libérale. Cela tombe bien, la France a besoin de libéralisme».

Mais cette bienveillance devrait être de courte durée. Déjà, le président de l’UMP Jean-François Copé a lancé ses traits sur le Premier ministre, exigeant le retrait de la réforme pénale de la Garde des sceaux Christiane Taubira, jugée laxiste. Une réforme loin d’être anodine: c’était sur ce texte que Manuel Valls et Christiane Taubira s’étaient vivement opposés à l’été 2013, une passe d’arme qui avait nécessité l’intervention du Président.

» L’opposition Valls/Taubira sur la réforme dans notre diaporama des couacs du gouvernement Ayrault

Désormais dans les habits de Premier ministre, et non plus dans ceux du «premier flic de France» dans lequel il était à l’aise, Manuel Valls pourrait rapidement devenir le punching-ball de la droite et des mécontents. Selon le baromètre CSA pour Les Echos et Radio Classique publié ce jeudi, seuls 41 % seulement des Français font «confiance» à Manuel Valls pour «résoudre les problèmes», et 47 % ne lui font pas confiance. La «vallsmania» pourrait tourner court.