Valls et Royal devront composer ensemble

POLITIQUE Le chef du gouvernement et sa nouvelle ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie se connaissent bien...

M.C.
— 
Ségolène Royal et Manuel Valls, le 26 janvier 2012 à la Maison des métallos, à Paris.
Ségolène Royal et Manuel Valls, le 26 janvier 2012 à la Maison des métallos, à Paris. — FRED DUFOUR / AFP

Ségolène Royal, qui avait déjà occupé le ministère de l’Ecologie entre 1992 et 1993, fait donc son grand retour au gouvernement, dont elle devient numéro trois, derrière Laurent Fabius. A ce poste clé, ses relations avec le Premier ministre seront cruciales pour conduire la politique du gouvernement…

Entre eux, tout n’a pas toujours été simple. Manuel Valls l'avait soutenue au congrès de Reims, en 2008, mais leurs relations se sont rafraîchies par la suite, Valls accusant souvent Royal de ne pas jouer collectif. Au moment de l’affaire Leonarda en 2013, Ségolène Royal avait cependant été l’une des rares personnalités de gauche à soutenir le ministre de l’Intérieur d’alors. Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Ifop, classe Valls et Royal avec Jean-Pierre Chevènement dans la gauche «de la fermeté républicaine», par opposition à la «gauche morale»

Désaccord sur les OGM

Evoquée depuis plusieurs semaines et annoncée mercredi, l'arrivée de Ségolène Royal mercredi au ministère de l'Ecologie et de l'Energie a plutôt rassuré les défenseurs de l'environnement, qui saluent son expérience et son influence tout en émettant des doutes sur la réelle volonté écologique du gouvernement Valls où le pro-gaz de schiste Arnaud Montebourg est promu.

Sur le nucléaire, Ségolène Royal s’était prononcée pendant la primaire socialiste de 2011 pour une sortie du nucléaire en France «à échéance de quarante ans maximum» avec «réduction de la part du nucléaire à 50% de la production d'électricité avant vingt ans». Manuel Valls, lui, est sur la ligne prudente du chef de l’Etat sur la réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité, après avoir tenu des positions franchement anti-nucléaires.

«Gagner ses arbitrages»

Le nouveau Premier ministre est opposé à l’exploitation du gaz de schiste, raccord avec sa nouvelle ministre, qui se disait «favorable à l’interdiction» de l’extraction tant que la «maîtrise» n’en était «pas garantie». Sur les OGM en revanche, alors que Ségolène Royal a signé une tribune en 2012 pour que soient revues les études qui ont permis la mise sur le marché du maïs OGM NK603, Manuel Valls défend l’expérimentation des OGM en plein champ.

La cohabitation ne s’annonce donc pas de tout repos, mais au final les dossiers écologiques pourraient en bénéficier. «Plutôt qu'un ministre écologiste, on a toujours dit qu'on préférait une personnalité socialiste d'influence à même de gagner ses arbitrages» face aux autres ministères, déclarait à l'AFP Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement (FNE).