Touraine, la «bosseuse» reste aux Affaires sociales

REMANIEMENT La ministre dont l'action pendant ces deux ans a été jugée plutôt efficace, rempile...  

Delphine Bancaud
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Marisol Touraine, le 19 août 2013 à l'Elysée
Marisol Touraine, le 19 août 2013 à l'Elysée — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Pouvoir inscrire son action dans la durée. Marisol Touraine est une des rares ministres à avoir la chance de conserver le même portefeuille à l’issue du remaniement. La voilà à nouveau nommée ministre des Affaires sociales, en ayant toujours en charge de la Santé, même si le terme a disparu de l'intitulé.

Un CDD renouvelé grâce à son action, jugée efficace et à sa personnalité, considérée comme loyale et discrète. Car Marisol Touraine n’est pas adepte de la petite phrase dans les médias et ne tire pas la couverture à elle. Quitte a être décrite comme froide et cassante. Sa seule excentricité semble tenir à ses tenues aux couleurs vives.

Une « sur-diplômée »

Elue d’Indre-et-Loire, 55 ans, elle a été secrétaire nationale du PS à la protection sociale, avant de s’imposer comme experte des questions de santé auprès de François Hollande pendant la campagne de 2012. Cette normalienne, agrégée de sciences économiques et sociales et diplômée d’Harvard, a la réputation d’être une bosseuse qui connaît à fond ses dossiers.

Un sérieux qu’elle a su démontrer pendant presque deux ans avenue Duquesne. A son actif, la réforme des retraites, menée en 2013, qu’elle a fait passer sans que les Français ne descendent dans la rue contrairement à celles de 2003 et 2010, menées par la droite. Pendant deux ans, elle a réussi à ne pas braquer les médecins, même si ces derniers la surnomment souvent «MST» comme le relate le Quotidien du médecin.

Des urgences qui l'attendent

Concernant sa lutte contre les dépassements d’honoraires, le bilan est plus mitigé. Après une âpre négociation avec les médecins, ces derniers ont finalement lâché peu de lest. Et les résultats sur le terrain se sont peu vus, les dépassements d'honoraires ayant stagné en 2013.

Autre chantier lancé par l'ex-ministre de la Santé, la lutte contre les déserts médicaux. Marisol Touraine se félicite de la création de 200 postes de praticiens territoriaux de médecine générale en 2013 pour garantir aux jeunes médecins qui acceptent de s'installer dans les territoires manquant de praticiens un revenu net mensuel de 3.640 euros. Mais les résultats sont encore insuffisants. Sa gestion du conflit avec les sages-femmes qui s’est enlisé, a également été critiquée.

Lors de son deuxième «bail», la ministre devra transformer l’essai. Et s'attaquer à nouveau aux dépenses de santé. Autres dossiers épineux qui l’attendent: le financement de la dépendance, la fin de vie… Aves des négociations difficiles en perspectives et des décisions qui sont susceptibles de diviser les Français.