Benoît Hamon, la caution de gauche à l'Education

REMANIEMENT Après avoir habilement piloté sa mission de ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire, le fringuant quadra a été promu...

Delphine Bancaud
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Benoît Hamon à son arrivée le 21 septembre 2013 à l'Elysée
Benoît Hamon à son arrivée le 21 septembre 2013 à l'Elysée — Kenzo Tribouillard AFP

C’est un ministère «casse-gueule» qui a fait trébucher de nombreux poids lourds politiques. Pas de quoi faire peur pourtant au sémillant Benoît Hamon, qui vient d’hériter du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Une belle promotion.

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Ce quadra, fan de rugby est passé par le privé (Ipsos), mais a presque fait toute sa carrière au Parti socialiste, devenant même porte-parole du parti. Précédemment ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire, ce fringuant quadra ne s’est pas «grillé» depuis le début du quinquennat, restant discret et évitant tout couac.

L’homme issu de l’aile gauche du PS est resté prudent, veillant à ne pas critiquer le virage social-démocrate de François Hollande et affirmant sa solidarité gouvernementale dès qu’il en avait l’occasion. Si son passage à l’Economie sociale et solidaire n’a pas été marquant, on retient cependant sa loi sur la Consommation, qu’il a bien portée.

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Plus consensuel que Royal

Si le nom de Ségolène Royal a longtemps circulé pour succéder à Vincent Peillon rue de Grenelle, Benoît Hamon a sans doute été choisi car il paraissait plus consensuel. «Il s’intéresse à l’éducation et son positionnement à la gauche du parti laisse croire qu’il sera attentif à la notion de service publique», confie un responsable syndical à 20 Minutes. En début d’année, il a rencontré Bernadette Groison, la secrétaire générale de la FSU, première fédération de l’éducation. Et s’est ensuite rendu sur le salon de l’Education. Une manière de préparer le terrain.

Benoît Hamon devra confirmer rapidement les a priori positifs de la communauté éducative à son égard car «son cabinet ne disposera pas de six mois pour être efficace, trop de chantiers sont ouverts et peuvent s’enliser», prévient une source syndicale. Il devra notamment aménager la réforme des rythmes scolaires, poursuivre les discussions avec les syndicats sur l’évolution du métier d’enseignant, réformer les programmes scolaires… Et surtout peser sur l’exécutif pour que la promesse des 54.000 postes soit bien tenue, malgré la nécessité pour le prochain gouvernement de trouver 50 milliards d’euros d'économies.

Des défis d’autant plus difficiles à relever, que Benoît Hamon devra aussi piloter l’enseignement supérieur et la recherche. Avec des dossiers aussi épineux que l’amélioration de la réussite en premier cycle, la situation économique délicate de certaines universités, la réforme des aides sociales étudiantes…

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