Michel Sapin, un fidèle de Hollande, pour serrer les cordons de la bourse

POLITIQUE Il passe du ministère du Travail à Bercy. Une maison qu’il connaît bien…

M.B.
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Le ministre du Travail Michel Sapin lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 26 février 2014
Le ministre du Travail Michel Sapin lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 26 février 2014 — Martin Bureau AFP

Retour à la case Bercy pour Michel Sapin. Jusqu’ici ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, ce camarade de chambrée de François Hollande au service militaire retrouve (enfin) les bords de Seine dans une maison, lui qui aurait bien aimé y arriver dès le retour de la gauche au pouvoir en mai 2012.

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Déjà ministre sous Mitterrand

Dans le cadre du premier gouvernement de Manuel Valls, il aura la charge du ministère des Finances et des comptes publics. Un poste qu’il occupait déjà en partie il y a plus de 20 ans dans le cadre du gouvernement de Pierre Bérégovoy en qualité de ministre de l’Economie et des Finances, entre avril 1992 et mars 1993.

Ancien secrétaire national aux questions économiques du parti socialiste entre 1998 et 2000, puis à l’économie et à la fiscalité, Michel Sapin a pour lui de bien connaître les chiffres. Ce qui lui sera bien utile au moment où François Hollande entend poursuivre le redressement des comptes publics. La tâche s’annonce ardue alors que le déficit public de la France s’est élevé à 4,3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2013, soit plus que l’objectif de 4,1 % prévu par le gouvernement, et avec une dette qui a enfoncé le plafond des 90 % du PIB, selon les chiffres publiés lundi par l’Insee.

Et si le budget pour l’année 2014 entend ramener le déficit à 3,6 % à la fin de l’année puis 2,8 % en 2015 pour rentrer dans les clous de l’objectif fixé par Bruxelles, cette trajectoire ambitieuse est déjà qualifiée d’incertaine par la Cour des comptes.

Des qualités qui seront mises à l’épreuve

Son flegme, sa capacité d’écoute et de dialogue saluée par les partenaires sociaux dans le cadre de la dernière réforme du marché du travail ne seront pas de trop dans ce nouveau poste où il aura la délicate tâche de serrer un peu plus les cordons de la bourse notamment à ses collègues du gouvernement, mais aussi des collectivités locales.

Malgré tout, Michel Sapin, intime du président de la République, se serait bien vu rester encore rive gauche au ministère du Travail. «Comme la courbe du chômage va baisser, j’aimerais bien la récupérer», aurait-il dit en petit comité mardi d’après Le Parisien. Las. Les lauriers seront alors pour François Rebsamen, un autre proche du chef de l’Etat qui prend sa place rue de Grenelle.