François Rebsamen: Un nouveau ministre hollandais au Travail

REMANIEMENT Portrait d’une des deux nouvelles têtes du gouvernement…

Bertrand de Volontat
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Francois Rebsamen et Manuel Valls le 16 octobre 2012 au Sénat
Francois Rebsamen et Manuel Valls le 16 octobre 2012 au Sénat — Eric Feferberg AFP

Un intime de Hollande en chasse un autre. Au moment où le chômage a atteint de nouveaux sommets, François Rebsamen est le nouveau ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social au sein du gouvernement Valls. Il remplace Michel Sapin, devenu ministre des Finances et des Comptes publics. Il est l’un des deux nouveaux visages au gouvernement, avec Ségolène Royal, nommée ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. C’est sa première apparition dans un gouvernement.

Son nom était pourtant cité pour le portefeuille de l’Intérieur, dont il rêvait en 2012. En bon soldat, il s’était alors résigné au choix politique du président de lui préférer Manuel Valls. Interrogé mardi sur son éventuelle entrée au gouvernement, «Rebs» comme il est surnommé, avait répondu que «cela dépend du poste». «En 2012, je m’étais préparé pour être ministre de l’Intérieur. Le président de la République m’a proposé un autre poste», a-t-il avancé pour expliquer son refus à l’époque.

Proche de Hollande, louange à Valls

Cette fois-ci, l’Elysée cherchait à imposer à l’Intérieur le chef de file des sénateurs PS et directeur de campagne de Ségolène Royal en 2007, proche de François Hollande — dont il a été le second au Parti socialiste de novembre 1997 à novembre 2008. Manuel Valls souhaitait lui que le député du Finistère Jean-Jacques Urvoas soit nommé place Beauvau. Il s’agira finalement d’un troisième homme, Bernard Cazeneuve, en provenance du Budget.

Lundi pourtant, François Rebsamen louait chez le nouveau Premier ministre «un professionnel» qui «fait les choses de manière sérieuse». «Il a beaucoup de qualités, il mettra en œuvre la politique décidée par le président de la République».

Un Dijonnais aux idées bien tranchées

Avant tout, sa vraie passion, c’est sa ville natale où il est né il y a 62 ans, Dijon dont il a arraché en 2001 la mairie à la droite qui y régnait depuis 1935 et où il a été réélu le 30 mars avec près de 53 % des voix. Il y a appliqué sa politique de sécurité et l’a «réveillée», faisant revenir la jeunesse au centre-ville, avec notamment un tramway reliant une université excentrée et des autorisations nocturnes pour les bars-terrasses.

François Rebsamen a réaffirmé son opposition à l’interdiction du cumul de mandats locaux avec des fonctions ministérielles. «Le Parti socialiste s’est handicapé, il sait le faire, en général en empêchant à des maires de participer au gouvernement, ou d’y être associés d’une manière ou d’une autre». Il faudra lui trouver un remplaçant au Sénat et à Dijon.

Le défi du chômage

Ce franc-maçon -en congé- et ancien administrateur territorial, également président de la Communauté d’agglomération du Grand Dijon et sénateur de Côte-d’Or, n’a décidément pas la langue dans sa poche. En mars 2013, il avoue publiquement avoir conseillé à Jean-Marc Ayrault de virer un ministre pour l’exemple. Dimanche dernier, au soir des municipales, il déclare, qu’«au vu des résultats qui tombent, il est clair que les Français ont utilisé leur vote local pour adresser un sévère avertissement au gouvernement et à la politique qui est menée.»

A lui désormais de faire ses preuves dans ce gouvernement qu’il décrie, dans un ministère du Travail qui aura la lourde tâche d’inverser la courbe du chômage, d’ici au moins la fin du quinquennat.