Remaniement: les réactions en chaîne après l'annonce du gouvernement Valls

REMANIEMENT Pour Jean-Christophe Lagarde (UDI) «On prend les mêmes et on recommence»...

O. G. avec AFP
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Le patron de l'UMP Jean-François Copé, à Strasbourg le 5 mars 2014
Le patron de l'UMP Jean-François Copé, à Strasbourg le 5 mars 2014 — Frederick Florin AFP

Le gouvernement Valls à peine annoncé, les élus de tous bords se sont empressés de commenter ces nominations.

Jean-François Copé, président de l'UMP, s'est déclaré mercredi « très inquiet » de la composition du nouveau gouvernement, « digne de la IVe République ». « Tout ça pour ça », s'est exclamé Jean-François Copé, devant la presse au siège de son parti à Paris, à propos d'un gouvernement qui ne va « en rien répondre aux attentes » des Français.

Dans un communiqué, Bruno Le Roux, chef de file des députés PS et député de la Seine-Saint-Denis: «Le gouvernement de Manuel Valls est un pack de combat fondé sur l’expérience, la cohérence et la solidarité […] Il traduit une hiérarchisation forte des priorités du président et du Premier ministre: l’emploi, la compétitivité, la justice sociale, la transition écologique, la sécurité […] C’est le gouvernement d’une gauche volontariste qui assume sans complexe son ancrage réformiste et républicain. Sa constitution rapide traduit la volonté du Président et du Premier ministre de ne pas perdre une minute et d’obtenir des résultats rapides. Les députés socialistes se reconnaissent pleinement dans cette équipe et lui apporteront tout leur concours».

Jean-Pierre Raffarin, sénateur UMP et ancien Premier Ministre, a dit ses réserves sur Public Sénat: « Je forme des voeux de succès pour l'ancienne présidente de Poitou-Charentes (Ségolène Royal) et aussi pour le sénateur François Rebsamen. François Rebsamen, on aurait préféré qu'il soit en charge de la décentralisation sur lequel il avait quelques idées. Mais ce qui est assez décevant dans ce gouvernement, c'est que l'on retrouve à des fonctions clés des gens qui ont échoué et donc qui ne sont pas en situation d'apporter le renouveau nécessaire ».

-Nadine Morano, déléguée générale aux élections à l'UMP et ex-ministre, tacle sur  iTélé: « Ca ressemble plutôt au politburo du Parti socialiste. On sent bien la patte de l'ancien Premier secrétaire du PS François Hollande. Garder les mêmes et recommencer, faire rentrer seulement Ségolène Royal et M. Rebsamen... Si c'est ça le message qu'a entendu François Hollande dimanche, c'est qu'il n'a rien compris. (...) Le fait que Mme Taubira reste là, ce n'est pas anodin, ça veut dire déjà que M. Valls n'aura pas les coudées franches pour pouvoir agir ».

Guillaume Peltier, vice-président de l'UMP, déclare sur Twitter:

 

 

Pour le député des Yvelines, Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate (PCD), il manque dans ce gouvernement un ministre de la Famille. «Les causes qui ont conduit à l’échec électoral de dimanche pour la gauche ne semblent pas écartées. […] La famille est la grande absente de ce remaniement: les Français jugeront. C’est pourquoi il est probable que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce gouvernement coure à l’échec comme son prédécesseur. Il est resserré, certes. La belle affaire: il sera ramassé dans deux mois.»

Jean-Christophe Lagarde, porte-parole du groupe UDI à l’Assemblée assure à l’AFP «On voit un président qui s’est fait imposer son Premier ministre et qui manifestement n’a pas choisi tous ses ministres, si ce n’est pour faire plaisir à la rue de Solférino et au bureau national du PS. On prend les mêmes et on recommence. Si c’est avec ça qu’on veut un élan, je crains que François Hollande ne fasse fausse route»

Pour Le député PS d’Indre-et-Loire et animateur du courant «la Gauche populaire» Laurent Baumel: «il y a des signes intéressants comme le fait qu’Arnaud Montebourg étende son portefeuille et puisse intervenir sur les questions européennes. Mais je ne vois pas d’inflexion importante sur les sujets essentiels. Benoit Hamon est à l’Education alors qu’il y a des attentes fortes qui se sont exprimées sur le pouvoir d’achat.»

Sur France Info, Florian Philippot, vice-président du Front national critique: «La formule qui résume le mieux ce remaniement c’est:» On ne change pas une équipe qui perd». Il n’y a aucun changement majeur et aucun changement de cap à attendre. Les seuls nouveaux visages, avec beaucoup de guillemets, c’est Ségolène Royal et François Rebsamen, ce qui n’est pas un signe de renouvellement des visages et des idées extrêmement probant, car (Mme Royal) était déjà secrétaire d’Etat du temps de François Mitterrand. Sur la réorganisation de Bercy, il y a un partage des rôles entre M. Sapin aux Finances et Comptes publics — il sera là pour appliquer les oukases de Bruxelles — et M. Montebourg qui, à l’Economie et au Redressement productif, sera là pour faire de l’enfumage industriel et faire croire aux Français qu’il y a un volontarisme industriel à la tête de l’Etat. Au vu des traités européens et des contraintes terribles, on sait très bien que c’est la même politique, toujours la même, celle de Bruxelles, que Michel Sapin appliquera.»

Marielle de Sarnez, députée européenne Modem tacle sur Twitter l’absence d’un ministère dédié à l’Europe: