Passation de pouvoir: Ayrault laisse «la tâche immense» de Matignon à Valls

POLITIQUE Manuel Valls s’est installé à Matignon, après une cérémonie rue de Varenne…

Enora Ollivier

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La passation de pouvoir entre Manuel Valls et Jean-Marc Ayrault à Matignon, le 1er avril 2014.
La passation de pouvoir entre Manuel Valls et Jean-Marc Ayrault à Matignon, le 1er avril 2014. — VILLARD/WITT/SIPA

Dans la cour de Matignon, trois collaborateurs de Jean-Marc Ayrault se tournent dos au bâtiment, se rapprochent, le temps que l’un sorte son smartphone. «Allez, pour l’histoire!» Clic clac, voilà un dernier selfie pour immortaliser la fin de l’aventure Ayrault rue de Varenne. Comme le veut la tradition, les conseillers, collaborateurs et petites mains sont venus nombreux ce mardi à la passation de pouvoir entre l’ancien Premier ministre et le nouveau.

» Le parcours de Manuel Valls en images

A 15h à peine passées, Manuel Valls arrive, accueilli sur le tapis rouge par Jean-Marc Ayrault. Une poignée de main sur le perron et les deux hommes s’engouffrent dans le bâtiment. En attendant qu’ils ressortent pour s’adresser au public et aux caméras, on pense déjà à l’après. L’entourage de l’ancien ministre de l’Intérieur souffle quelques mots aux (nombreux) journalistes présents. Il est question du futur gouvernement «annoncé dans quelques heures» qui sera «resserré et paritaire» et pour qui le «combat» sera une «philosophie».

«Aller plus loin, plus vite»

Après vingt minutes d’entretien, les deux hommes ressortent. «Monsieur le Premier ministre, cher Manuel», commence Jean-Marc Ayrault, évoquant le poste qu’il vient de quitter comme une «tâche éprouvante, exigeante, mais en même temps exaltante». «La tâche est immense, ce que nous avons à faire est difficile et n’est pas terminé. Je vous souhaite de réussir», continue-t-il avant de souhaiter à son successeur «bon courage, tout le succès» et aussi «bonne chance à la France».

«J’ai été très fier d’être votre ministre de l’Intérieur et je suis honoré de vous succéder», embraye Manuel Valls, assurant qu’il «poursuivra le travail engagé au service du redressement avec ce même attachement au pays et aux Français». L’ex locataire de la place Beauvau dit vouloir «aller plus loin, plus vite» pour «répondre à la demande de justice sociale dans notre pays, que les dernières élections municipales ont révélé avec force».

Un ex-patron «gentil» et «disponible»

Les deux discours durent moins de dix minutes. Après quoi chacun repart, l’un dans la berline qui l’amène à la gare Montparnasse direction Nantes, l’autre dans l’hôtel Matignon, où il va poursuivre ses consultations en vue de la formation du nouveau gouvernement.

Dans la cour, tandis que les piquets sont déjà en train d’être démontés, les anciens de l’équipe Ayrault s’attardent un peu pour évoquer leur déjà ex-patron, «gentil», «à l’écoute» et «disponible». Les yeux sont parfois rougis, les mines graves. «Bon, j’y retourne, moi», lâche un membre du personnel, désormais au service du nouveau Premier ministre. Après une demi-heure de passation, il est temps pour tous de se remettre au travail.