Manuel Valls abandonnera-t-il la réforme pénale de Christiane Taubira?

JUSTICE Le texte est prêt…

William Molinié

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L'exécutif tranche ce vendredi l'épineux dossier de la réforme pénale, qui a donné lieu à un clash public entre Christiane Taubira et Manuel Valls et dont la droite dénonce par avance le "laxisme".
L'exécutif tranche ce vendredi l'épineux dossier de la réforme pénale, qui a donné lieu à un clash public entre Christiane Taubira et Manuel Valls et dont la droite dénonce par avance le "laxisme". — Kenzo Tribouillard AFP

Le nouveau Premier ministre, Manuel Valls, compose son gouvernement. Et en marge des tractations, des interrogations naissent dans les ministères. Place Vendôme, c’est la réforme pénale qui pose question. Initialement, le texte de Christiane Taubira devait passer demain, mercredi, en commission à l’Assemblée nationale pour un vote en séance dans l’hémicycle le 14 avril prochain. Une conférence de presse était aussi prévue pour expliquer aux journalistes les grandes lignes du nouveau texte.

La déroute électorale de dimanche soir et le remaniement précipité semblent avoir eu raison de cette réforme voulue par la ministre de la Justice mais décriée par la droite et les policiers.

Dominique Raimbourg, le rapporteur du texte, qui a mené 300 consultations et s’apprêtait à rendre un travail achevé et ficelé, déplore dans les colonnes du Figaro de ce mardi matin que «pour l’instant, rien ne se passe». «On ne sait pas si le prochain ministre de la Justice voudra défendre le texte en l’état ou s’il voudra le remettre sur le métier», explique-t-il au quotidien.

Renvoyée aux «calendes grecques»

Les opposants à ce texte, eux, sont persuadés que le nouveau Premier ministre ne pourra pas le conserver. «En toute logique, Valls devrait retirer le projet Taubira», a tweeté lundi soir le député UMP Eric Ciotti.

 

Par ailleurs, l’association l’Institut pour la justice, réputée de droite, s’est «réjouie de l’abandon imminent de la réforme pénale avec la nomination de Manuel Valls comme Premier ministre», relève l’AFP. Depuis l’été 2013, Manuel Valls s’était à de nombreuses reprises publiquement opposé à son homologue de la Justice sur ce texte.

Même attente chez les policiers, qui espèrent qu’il renverra «aux calendes grecques la réforme pénale». Très critiquée à droite, elle est censée supprimer les peines plancher créées sous Nicolas Sarkozy et doit mettre en place une peine de probation pour certains délits.