Remaniement: La piste Bertrand Delanoë est-elle crédible?

POLITIQUE Annoncé avec insistance dans le prochain gouvernement Hollande, le futur ancien maire de Paris a pourtant toujours affirmé qu’il souhaitait prendre du recul après son mandat municipal…

Jerome Comin

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Bertrand Delanoë le 30 mars 2014 à Paris
Bertrand Delanoë le 30 mars 2014 à Paris — Patrick Kovarik AFP

Viendra ou viendra pas? Souvent évoquée depuis l’arrivée de François Hollande à Matignon, la piste menant à une nomination de Bertrand Delanoë au gouvernement s’est de nouveau réchauffée depuis le remplacement de Jean-Marc Ayrault par Manuel Valls au poste de Premier ministre.

Déjà évoqué en 2012 à la Justice

Personnalité politique appréciée des Français, 48 % d’opinions favorables selon un sondage Ipsos réalisé les 14 et 15 mars, le futur ancien maire de Paris présente, en effet, un profil intéressant dans le cadre du remaniement ministériel qui doit être effectué mercredi. Entretenant des relations cordiales avec Hollande, à qui il a régulièrement apporté son soutien ces derniers mois, celui qui se revendiquait comme «libéral et socialiste» en 2008 quand il briguait le poste de Premier secrétaire du PS, n’a jamais occupé de fonction au sein d’un gouvernement. Une «fraîcheur» politique d’un point de vue national qui s’accompagne d’une solide expérience à la tête de la capitale où son bilan au bout de deux mandats lui vaut une forte popularité.

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Déjà en juin 2012, la piste le menant au gouvernement était à prendre au sérieux. A quelques jours des législatives, Delanoë déclarait ainsi sur Canal +: «Je suis maire de Paris, j’ai des devoirs et je les fais en étant très heureux. Mais en même temps je ne suis pas indifférent à la réussite du quinquennat de François Hollande», ajoutait-il, expliquant qu’il ne «[comptait] pas économiser [son] soutien». Avant de préciser: «Si d’autres hypothèses existent à un moment donné, nous les étudierons avec autant d’amitié et de convergence de l’analyse politique.» Annoncé du côté du ministère de la Justice, c’est finalement Christiane Taubira qui avait atterri Place Vendôme.

«Ce n’est absolument pas à l’ordre du jour»

Mais, cette fois, alors que son nom revient de nouveau pour être garde des Sceaux, l’hypothèse est moins crédible. Bertrand Delanoë n’a cessé de marteler ces derniers mois, qu’il souhaitait «prendre du recul» après ses deux mandats à Paris. Et quand il est questionné sur une éventuelle entrée au gouvernement, sa réponse est sans appel. «Ce n’est absolument pas à l’ordre du jour. Je me vois plus dans un engagement libre, loin des responsabilités classiques pour contribuer à la réussite du quinquennat de François Hollande, expliquait-il lors d’une interview donnée à 20 Minutes à la mi-février. Et puis, je souhaite d’abord prendre beaucoup du recul pour me donner le temps de faire le point après treize ans totalement dédiés à des responsabilités passionnantes mais lourdes comme maire de Paris. Quand 2014 sera passée, bien sûr que j’aurais envie d’être actif, de m’engager en me mettant au service des autres. Je crois que ça me plairait beaucoup d’aider les jeunes élus locaux, les associations, les jeunes artistes. J’ai envie d’être libre face aux opportunités qui se présenteront à moi.»

Vendredi, invité au «Grand Journal» de Canal +, il a de nouveau affirmé que si François Hollande lui proposait de rentrer au gouvernement il répondrait «qu’après treize ans de responsabilités exigeantes [à Paris] je crois qu’il est sain démocratiquement de prendre du recul. Je reste engagé, je veux l’aider mais pas à travers des responsabilités classiques. Il sait ce que je pense.»

Reste que cette position pourrait évoluer en fonction des opportunités. Et que «comme dans un mariage, on a beau être amoureux et s’être fait des promesses, il arrive qu’on craque, séduit par quelqu’un d’autre», glisse-t-on dans son entourage.