Qui pourrait remplacer Peillon à l’Education nationale?

REMANIEMENT Segolène Royal et Benoît Hamon sont les noms qui circulent le plus pour remplacer l'actuel ministre de l'Education nationale rue de Grenelle...

Delphine Bancaud
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Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, à Paris le 30 août 2013.
Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, à Paris le 30 août 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Depuis plusieurs semaines, Vincent Peillon se fait discret. Ni conférence de presse, ni interview dans les médias. Un silence qui semble conforter la rumeur persistante de son départ imminent du gouvernement. D’autant que le ministre de l’Education nationale pourrait payer l’addition de sa gestion de la réforme des rythmes scolaires et des quelques couacs qui ont émaillé son passage rue de Grenelle. L’annonce dès novembre de sa candidature aux élections européennes dans le Sud-Est laisse aussi penser que Vincent Peillon a pris le temps de s’aménager une porte de sortie honorable.

Royal, mal perçue par les enseignants

Depuis, les rumeurs sur son remplaçant rue de Grenelle vont bon train. La plus tenace concerne Ségolène Royal, dont le nom revient depuis des mois. L’arrivée l’été dernier à la tête du service de presse d’Agnès Longueville, son ancienne directrice de la communication à la région Poitou avait mis la puce à l’oreille des observateurs. On lui prédit un grand ministère regroupant l’Education, l’Enseignement supérieur et la recherche. «Elle a une certaine crédibilité pour décrocher ce poste puisqu’elle a été ministre déléguée à l’Enseignement scolaire sous le gouvernement de Lionel Jospin», explique un responsable syndical. Mais pour d’autres, l’hypothèse ne tient pas: «Les enseignants verraient sa nomination d’un mauvais œil. Ils se souviennent de sa sortie en 2006 lorsqu’elle avait proposé que les enseignants dans les collèges soient présents 35 heures dans leur établissement pour pouvoir, en plus de leurs heures de cours, apporter un soutien scolaire gratuit aux élèves en difficulté. Et son passage à l’Education nationale n’a pas laissé un bon souvenir», explique une source syndicale. «Royal a une vision militariste de l’école, qui suscite la méfiance des enseignants. Ils craignent aussi qu’elle fasse plus de coups médiatiques qu’un travail de fond sur les dossiers», assure un autre responsable syndical.

Hamon, Filippeti ou Belkacem?

Une autre hypothèse, plus consensuelle, circule aussi: la nomination de Benoît Hamon. Le ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire, issu de la gauche du PS, ne s’est pas «grillé» depuis le début du quinquennat et passe semble-t-il mieux auprès des syndicats. «Il s’intéresse à l’éducation et son positionnement à la gauche du parti laisse croire qu’il sera attentif à la notion de service publique», estime un responsable syndical. Mais pour un autre fin connaisseur de l’éducation «Hamon n’a pas suffisamment de poids politique pour pouvoir incarner la priorité que souhaite consacrer le gouvernement à l’Education».

D’autres noms reviennent aussi souvent dans les discussions. Notamment ceux de plusieurs femmes «car la rue de Grenelle n’a jamais été pilotée par une femme», rappelle un observateur. On parle de l’actuelle ministre de la Culture, Aurélie Filippetti. Et de l’actuelle ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem: «mais je ne pense pas qu’elle soit suffisamment expérimentée pour piloter un ministère où l’on a la gestion directe d’un million de personne», souligne une source syndicale.

Quoi qu’il en soit, le nouveau ministre héritera d’une lourde tâche: faire enfin accepter la réforme des ryhtmes scolaires, poursuivre les discussions avec les syndicats sur l’évolution du métier d’enseignant… Et surtout peser sur l’exécutif pour que la promesse des 54.000 postes soit bien tenue, malgré la nécessité pour le prochain gouvernement de trouver 50 milliards d’euros.