Jean-Marc Ayrault, (presque) deux ans à Matignon et un bilan contrasté

POLITIQUE La gouvernance Ayrault a été marquée par des cafouillages. Et quelques mesures emblématiques...

Enora Ollivier

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Jean-Marc Ayrault, le 30 mars 2013, lors d'une déclaration à Matignon après les résultats des municipales.
Jean-Marc Ayrault, le 30 mars 2013, lors d'une déclaration à Matignon après les résultats des municipales. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Des cafouillages dans la communication

Eteindre l’incendie qu’on a soi-même allumé, voilà un exercice peu commun. En octobre 2012, le chef du gouvernement annonce lui-même l’annulation par le Conseil constitutionnel de la loi sur le logement social. Dans l’opposition, on crie au saccage du principe de séparation des pouvoirs et à l’amateurisme et on appelle à la démission du Premier ministre. Une semaine plus tard, Jean-Marc Ayrault sème la confusion en lançant dans une interview qu’un retour aux 39 heures n’est «pas un sujet tabou». Le cafouillage est total et le Premier ministre est contraint d’intervenir en direct à la radio pour assurer qu’il n’est «pas question de revenir sur les 35 heures», avant de s’expliquer devant l’Assemblée.

La crispation autour de Notre-Dame-des-Landes

Les opposants l’ont surnommé l'«Ayraultport». C’est dire si le projet d’aéroport dans la périphérie de Nantes est associé à Jean-Marc Ayrault. Mais Notre-Dame-des-Landes crispe et le chef du gouvernement reste droit dans ses bottes, entraînant des tensions au gouvernement, quand les écologistes participent aux manifestations d’opposition.

La rivalité avec Arnaud Montebourg dans le dossier Florange

«Tu fais chier la terre entière avec ton aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont tout le monde se fout! Tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes». La phrase d’Arnaud Montebourg à son chef de gouvernement, révélée trois mois après la passe d’arme sur le dossier Florange, en dit long sur la tension entre les deux hommes. Alors que le ministre du Redressement productif préconise une nationalisation temporaire du site, le Premier ministre le désavoue et annonce la signature d’un accord avec ArcelorMittal. Arnaud Montebourg confiera plus tard avoir envisagé la démission après cet épisode.

Une popularité qui n’a jamais décollé

Jean-Marc Ayrault n’a pas vraiment vécu de moment d’état de grâce à Matignon. Son discours de politique générale, en juillet 2012, jugé terne, déçoit. Sa cote de popularité s’effondre rapidement, en même temps que celle de François Hollande, pour stagner autour de 25 %.

Des mesures sociétales…

Jean-Marc Ayrault peut mettre à son actif le vote de la loi sur le mariage pour tous, au terme de débats houleux et de manifestations massives. C’est aussi sous sa gouvernance que l’interruption volontaire de grossesse devient remboursée à 100 % et que la pilule contraceptive devient gratuite pour les mineures de 15 à 18 ans.

…et des mesures économiques

Le gouvernement Ayrault a mis en place le Crédit d’impôt compétitivité et emploi (CICE), un dispositif à 20 milliards d’euros pour les entreprises. Le Premier ministre a aussi négocié en première ligne le pacte de responsabilité, qui devrait être finalisé dans les semaines à venir.