Une entaille dans le principe de solidarité

David Carzon et Angeline Benoit

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La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2007 a été publiée vendredi au Journal officiel, amputée de 20 dispositions censurées la semaine dernière, pour des raisons de procédure, par le Conseil constitutionnel.
La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2007 a été publiée vendredi au Journal officiel, amputée de 20 dispositions censurées la semaine dernière, pour des raisons de procédure, par le Conseil constitutionnel. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Les Français savent que la perfusion en continu n’est pas une solution. Les résultats du sondage sur l’avenir du système de santé pour le Manifeste 20 Minutes-RMC-LH2 laissent entrevoir l’acceptation d’une révolution de l’assurance- maladie.

En effet, 57% des sondés sont favorables à une responsabilisation plus forte des patients. En bref : celui qui consomme le plus doit payer le plus. «Nous sommes au carrefour de deux notions.D’un côté, il y a un phénomène de responsabilisation croissante, un peu à l’image de ce qui se passe dans la sécurité routière, explique François Miquet-Marty, directeur des études politiques de LH2. «Et de l’autre, c’est aussi une forme de dédouanement puisque chacun se dit que le responsable c’est l’autre, pas soi.Chacun pense avoir un comportement vertueux. Alors, on peut réclamer davantage de contrôles puisqu’on est sûr de ne pas être concerné.»

Ce sentiment dépasse désormais les clivages politiques puisque plus de 50%des sondés de gauche sont favorables à davantage de responsabilisation. «Quand on regarde l’ensemble du Manifeste, analyse François Miquet-Marty, on se rend compte que les gens sont en train de changer par rapport au modèle social à la française.
C’est un constat d’échec : ils savent que le système
de financement actuel est voué à l’impasse, que le
principe de solidarité est destiné à évoluer.C’est une
évolution pragmatique, pas idéologique, mais de fait,
c’est une remise en cause du principe de solidarité. »
Il faut dire que les réformes successives du système de l’assurance-maladie n’ont fait que retarder l’échéance. Depuis des années, elles se sont contentées d’augmenter les recettes ou de réduire
le niveau des remboursements.
Et si celle de Douste-Blazy comportait aussi des mesures structurelles, elles sont loin d’être à la
hauteur de l’enjeu. Le régime devrait enregistrer un déficit de six milliards d’euros en 2006, en baisse par
rapport aux 8 milliards de 2005 et aux 11,6 milliards de 2004. Une «amélioration» qui tient plus à la hausse des recettes qu’à un ralentissement des dépenses.