Municipales: Entre bons résultats et recul de la gauche, les «sentiments contrastés» d'EELV

MUNICIPALES 2014 Le parti veut retirer ses listes dans les villes où il est arrivé en troisième position…

avec AFP

— 

Christophe Najdovski et Cécile Duflot lors d'un meeting du candidat Europe Ecologie-Les Verts dans le XIe arrondissement, le 19 mars 2014.
Christophe Najdovski et Cécile Duflot lors d'un meeting du candidat Europe Ecologie-Les Verts dans le XIe arrondissement, le 19 mars 2014. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Europe Écologie-Les Verts nourrit des «sentiments contrastés» à l'issue du premier tour des élections municipales entre ses «bons résultats», de nombreuses listes autonomes dépassant les 10%, et une «grande préoccupation» face à l'abstention et au «niveau très élevé de l'extrême droite».

>> Revivez le premier tour des municipales par ici

Deux ans après le score très décevant de 2,31% réalisé par Eva Joly à l'élection présidentielle, «il y a un retour de l'écologie», s'est félicitée la secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse. «On est dans un étiage supérieur à nos scores de 2008 mais sans atteindre tout à fait ceux de 2001», a renchéri le secrétaire national adjoint chargé des élections, David Cormand. Les écologistes devraient donc profiter des municipales pour reprendre des couleurs, à l'image du cru 2008 qualifié à l'époque de «petite renaissance» après une présidentielle 2007 encore plus difficile (1,57%).

Sentiments «contrastés»

Mais, malgré ces bons résultats, les sentiments sont «contrastés»: «Nous avons des estimations plutôt bonnes sur nos listes autonomes mais il y a un très clair recul de la gauche. Et nous sommes évidemment préoccupés d'une part par le niveau de l'abstention et d'autre part par le niveau de l'extrême droite», a ajouté Mme Cosse. Au deuxième tour, «il faut qu'il y ait un front républicain, très clairement. Nous souhaitons, dans le cas où nous serions arrivés troisièmes, retirer nos listes», a précisé le chef de file des sénateurs écologistes, Jean-Vincent Placé.

>> Consultez les résultats du premier tour ville par ville sur notre carte

A Paris, baromètre incontournable pour EELV, Christophe Najdowski échoue juste au dessous de la barre des 10% (9% selon les estimations). Un résultat salué par la direction du parti, inférieur aux 12,3% glanés en 2001 mais qui représente un progrès par rapport à 2008 (6,7%). Les écologistes -dont le maire sortant du 2e arrondissement Jacques Boutault, en tête avec 32,96%- auront donc un poids certain dans l'entre-deux tours, Anne Hidalgo (PS) étant arrivée en deuxième position derrière Nathalie Kosciusko-Morizet (UD-UMP) en nombre de voix. La candidate du PS leur a déjà lancé un appel appuyé, une semaine après avoir allumé une polémique en plein pic de pollution dans la capitale. «Partout où on est en autonomie, on a été bien reçus. Pour nous, c'est extrêmement important», a également déclaré la secrétaire nationale d'EELV.

Listes autonomes ou alliances

EELV avait en effet décidé de présenter une liste autonome dans plus d'un tiers des villes de plus de 100.000 habitants, y compris dans des villes où les écologistes étaient alliés au PS au premier tour en 2008 comme Lyon, Toulouse ou Nantes. Le résultat est satisfaisant à Nantes avec 14%, la ville échappant au PS au premier tour. A Lyon, les écologistes franchissent la barre des 10% dans trois arrondissements (1er, 4e et 7e). EELV a par ailleurs franchi seul la barre des 10% à Lille (11,08%), Valence (11,13%), Poitiers (15,29%), Caen (10,23%), Rouen (11,09%) où la liste est menée par Jean-Michel Bérégovoy, neveu de l'ancien Premier ministre socialiste.

Dans certaines villes, les écologistes avaient opté pour une stratégie différente: l'alliance avec le Front de Gauche, comme à Grenoble ou à Rennes. La stratégie s'est révélé payante à Grenoble où la liste menée par Eric Piolle (EELV) devance (29,41%) celle conduite par le PS Jérôme Safar (25,31%). A Rennes, la liste a récolté 15,09% et est en position de se maintenir face à Nathalie Appéré (PS, 35,57%) et Bruno Chavanat (UD-UDI, 30,12%).

Les écologistes «ne profitent pas de leur présence au gouvernement»

«Sous réserve des résultats définitifs, les listes d'union n'ont pas bien marché alors qu'au contraire, quand ils ont eu une stratégie plus autonome, cela semble avoir plutôt bien fonctionné. Cela veut bien dire qu'ils ne profitent pas de leur présence au gouvernement. Le débat sur leur maintien ou leur sortie va sans doute être relancé dans les semaines qui viennent», a analysé Guillaume Sainteny, maître de conférence à Polytechnique et auteur du livre «L'introuvable écologisme français» (PUF).

A Montreuil, seule ville de plus de 100.000 habitants détenue par EELV mais dont le maire sortant, Dominique Voynet, ne se représentait pas, Ibrahim Dufriche atteint 15%, en quatrième position seulement. A Sevran, Stéphane Gatignon, maire ex-PCF passé à EELV en 2009, est solidement en tête (42,50%). A Bègles (25.000 habitants), Noël Mamère, qui a quitté EELV en septembre, est réélu au premier tour pour un cinquième mandat.