1er tour des élections municipales: Test électoral pour Hollande à presque mi-mandat

MUNICIPALES 2014 45 millions d’électeurs sont appelés à voter pour ce scrutin aux nombreuses inconnues…

AFP
— 
Illustration des élections municipales.
Illustration des élections municipales. — AFP

Quelque 45 millions de Français et électeurs de l'Union européenne votent dimanche pour désigner leur équipe municipale des six prochaines années, un scrutin qui constitue le premier grand test électoral pour François Hollande en proie à une forte impopularité après 22 mois au pouvoir.

>> Les neuf choses à savoir avant le scrutin

La Nouvelle-Calédonie et ses 33 communes ont donné le coup d'envoi samedi à 22h, heure de Paris, en raison du décalage horaire, sous un beau soleil et 28°C de ce début d'automne austral. Ont suivi les départements de l'Océan indien: la Réunion à 5h et Mayotte à 6h (toujours en heure de Paris) avant qu'ouvrent les bureaux de vote de l'Hexagone à 8h. Selon les communes, les électeurs ont jusqu'à 18h, 19h ou 20h pour glisser leur bulletin dans l'urne. Pour la troisième fois après 2001 et 2008, les ressortissants de l'UE participent aussi. Un droit peu utilisé puisqu'ils ne sont que 281.000 sur les listes électorales, soit à peine un quart des immigrés communautaires en France.

L’abstention pourrait atteindre des niveaux records

Première inconnue du scrutin: l'abstention. De nombreux sondages la prédisent à des niveaux records. Vendredi, l'institut OpinionWay tablait sur une participation située entre 58 et 62%, contre 66,54% au premier tour en 2008. Après la présidentielle, les municipales sont pourtant les élections qui mobilisent traditionnellement le plus. Les politologues insistent sur la notion d'«abstention différentielle». «Elle ne va pas se répartir également entre la gauche et la droite. L'enjeu est de savoir qui en souffrira le plus», analysait début mars Dominique Reynié, professeur à Sciences Po.

L’influence des affaires

Le feuilleton des affaires des trois dernières semaines pourrait aussi influer sur la participation. Surfacturations au détriment des finances de l'UMP, enregistrements clandestins de Patrick Buisson, écoutes judiciaires Sarkozy/Herzog; cette accumulation a renforcé le discrédit dont souffre la classe politique. Quel impact aura la tribune au vitriol de Nicolas Sarkozy, publiée jeudi soir par le Figaro ? «Cette prise de parole devrait amplifier la mobilisation de l'électorat de droite, alors que la campagne a été atone et que l'UMP n'a pas réussi à nationaliser le scrutin», répond Bernard Sananès, de l'institut CSA, dans le Figaro du week-end. Toutefois la plupart des études d'opinion ont montré que les électeurs choisiront majoritairement leur maire en fonction d'enjeux locaux: impôts, sécurité, voirie, propreté, emploi...

La variable Front national

Autre clé du scrutin: les scores du Front national. Le parti de Marine Le Pen, qui présente 597 listes, entend faire élire plus de 1.000 conseillers municipaux et espère conquérir Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Saint-Gilles (Gard) voire Fréjus (Var). Il pourrait imposer des triangulaires au second tour (10% des suffrages exprimés au premier permettent de se maintenir) dans «150 à 200 villes», selon M. Sananès.

L’impopularité du gouvernement

L'UMP aussi espère surfer sur l'impopularité record du tandem Hollande-Ayrault. Elle en a déjà tiré profit lors des élections partielles organisées depuis juin 2012, toutes perdues par le Parti socialiste. Par ailleurs, les municipales sont souvent défavorables au pouvoir en place. En 2008, la gauche avait ravi à la droite une quarantaine de villes de plus de 30.000 habitants, dont Toulouse et Strasbourg, qui pourraient rebasculer. En 2001, les socialistes, alors au pouvoir, avaient limité les dégâts en conquérant Paris et Lyon, mais avait perdu une quarantaine de villes.

Paris et Marseille scrutés

Cette année, Paris et Marseille notamment seront sous les projecteurs. Dans la capitale, l'ex-ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet et l'actuelle première adjointe PS Anne Hidalgo se disputent la succession de Bertrand Delanoë. A Marseille, Patrick Mennucci (PS) tente de déloger le maire UMP Jean-Claude Gaudin, en lice pour un 4e mandat. Pour montrer l'exemple, les principales personnalités du scrutin ont prévu d'aller voter dans la matinée, Anne Hidalgo dès 8h30 dans une école du XVe arrondissement.