Christiane Taubira répond à Nicolas Sarkozy dans une tribune

C. B.

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La ministre de la Justice Christiane Taubira
La ministre de la Justice Christiane Taubira — WITT/SIPA

Elle avait déjà réagi jeudi soir à la tribune de Nicolas Sarkozy, via un communiqué de presse. Christiane Taubira, la garde des Sceaux, réitère ce vendredi. Comme l’ancien président, la ministre a cette fois-ci choisi de s’exprimer à travers une tribune, publiée, non pas sur le site du Figaro, mais sur celui de Rue89.

Le texte n’est pas très long: 3.866 signes exactement -soit moins de trois feuillets, comme l’on dit dans le jargon journalistique- contre 10.815 signes pour l’ancien président. Mais peu importe: l’objectif de Taubira est surtout de répondre aux sous-entendus de Sarkozy.

«Evacuons peut-être cette tentative inutilement perfide de ramener la diversion par la question de qui savait ou pas. Est-ce un sujet pour l’Exécutif de savoir ou pas?», écrit la ministre, avant de répondre pourquoi, selon elle, la réponse à cette question est «non». Et d’insister sur le fait que «le gouvernement s’interdit lui-même d’intervenir, va jusqu’à inscrire cette interdiction dans la loi, proclame à voix claire que les magistrats doivent pouvoir agir librement et en indépendance, sous la seule contrainte du droit établi par le législateur émanant lui-même du suffrage universel».

«Les procédures sont et doivent être les mêmes, que l’on soit puissant ou misérable»

Elle revient également sur le parallèle dressé par l’ex-président entre les écoutes dont il a fait l’objet et les activités de la Stasi: «Non, la France aussi brutalement humiliée par cette comparaison avec un régime autoritaire où sévissait la Stasi, c’est la France dont, justement, les électeurs ont choisi de rétablir l’Etat de droit. Celle qui, depuis le 6 mai 2012, exerce une égale vigilance au respect de la présomption d’innocence (où aucune parole présidentielle ne désigne «coupable» une personne non encore jugée), au renforcement des droits de la défense, à la réelle liberté des juges et au rétablissement de la dignité de leur fonction».

A plusieurs reprises, la garde des Sceaux insiste sur le fait que Sarkozy soit in fine traité comme un citoyen normal: «Et oui, les procédures sont et doivent être les mêmes, que l’on soit puissant ou misérable», écrit-elle notamment. Elle revient également sur cette idée en guise de conclusion: «Puissant ou misérable, c’est la grandeur de la démocratie que de faire de l’un et de l’autre un citoyen comme les autres. Dans la norme du droit. Normal.»

«Normal» était également le dernier mot de la tribune de Nicolas Sarkozy: «Enfin, à tous ceux qui auraient à redouter mon retour, qu'ils soient assurés que la meilleure façon de l'éviter serait que je puisse vivre ma vie simplement, tranquillement… au fond, comme un citoyen «normal»!».